Pollution aux micro-particules : un brouillard ambiant sur la rade de Toulon
Micro-particules : un brouillard ambiant sur Toulon

Les relevés des capteurs citoyens installés autour de la rade de Toulon montrent que la pollution aux particules fines se diffuse progressivement dans l'air, formant un « brouillard de fond » homogène sur l'ensemble du territoire. L'association ActÉnergie, par la voix de son président Michel Pierre, tire la sonnette d'alarme sur cette urgence sanitaire.

Une cartographie de l'invisible grâce aux capteurs citoyens

« Nous voulons alerter sur l'importance de l'air environnant, l'air que nous respirons, car la pollution est une réalité inquiétante, qui a des impacts sur la santé de tous », déclare le président de l'association ActÉnergie. Grâce aux capteurs citoyens financés par la Région et la Dréal (Direction régionale de l'équipement), « nous avons une cartographie de l'invisible », détaille Michel Pierre.

Un focus a été réalisé sur la rade de Toulon, avec trois capteurs placés en des points stratégiques : au sud de la rade, à 700 mètres du quai de croisière de la Seyne, sur la Frontale du port de plaisance de Toulon, et à la Goélette, un immeuble surplombant les quais des ferries.

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Des valeurs moyennes identiques partout

« Notre surprise a été de voir que la valeur moyenne de tous ces capteurs était la même, en ce qui concerne les pollutions aux particules », souligne Michel Pierre. Les courbes sont synchronisées, plus élevées le jour que la nuit, avec des pics au passage des bateaux de croisière. Au-delà d'un « effet de proximité » avec la source de pollution, « on comprend que ça se diffuse, poursuit-il. Chaque émission supplémentaire se dissémine et vient enrichir un brouillard de fond ».

Cette dissémination est confirmée à l'échelle départementale grâce aux données d'AtmoSud, l'organisme en charge de la surveillance de la qualité de l'air. « Que l'on soit à Toulon, Saint-Raphaël ou au Plan-d'Aups-Sainte-Baume, à 700 mètres d'altitude », les variations se suivent, avec des concentrations différentes mais un même tempo. « Du nord au sud du Var, il y a un "nuage de fond", un brouillard permanent de micro-particules », conclut Michel Pierre.

Des impacts sanitaires chiffrés dans la région

La pollution aux particules PM2.5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) est principalement causée par le résidentiel (66 %), surtout le chauffage au bois, puis par le trafic routier (20 %) et le maritime (10 %). Un rapport inédit produit en 2025 a calculé les bénéfices d'une diminution de cette pollution dans la région : chez l'enfant, 17 % des asthmes seraient évités ; chez l'adulte, 10 % des bronchopneumopathies chroniques obstructives et 9 % des cancers du poumon. Les maladies cardio-vasculaires (hypertension, infarctus, AVC) constituent la catégorie la plus sensible.

ActÉnergie dénonce des niveaux de pollution minorés. « Après que la Zone à faible émission (ZFE) a été boycottée par la Métropole toulonnaise et abandonnée par l'État, il y a peu de dynamique pour faire baisser les niveaux de pollution », déplorent Michel Pierre et Bruno Coiffier, administrateur de l'association. Si la voie cyclable sur l'avenue de la République est saluée, le boulevard de Strasbourg reste un hot-spot : « C'est un canyon entre les immeubles. Les valeurs de PM2.5 y sont parmi les plus élevées de la ville. »

L'association participera à la Marche pour le climat ce samedi après-midi à Toulon, avec un départ de la place d'Armes. « Baisser les émissions de gaz à effet de serre, c'est important pour le climat de demain, mais aussi pour notre santé d'aujourd'hui », conclut Michel Pierre.

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