La France s'apprête à franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un décret, dont la publication est imminente, va interdire la publicité pour les énergies fossiles à compter de 2027. Cette mesure, qui s'inscrit dans le prolongement de la loi Climat et Résilience adoptée en 2021, vise à réduire l'impact environnemental de la promotion des produits pétroliers, gaziers et charbonniers.
Un calendrier progressif
Le décret prévoit une entrée en vigueur progressive. Dès 2025, les publicités pour les énergies fossiles seront interdites dans les médias audiovisuels et sur les affiches publicitaires. À partir de 2027, l'interdiction s'étendra à l'ensemble des supports, y compris la presse écrite et les publicités en ligne. Les contrevenants s'exposent à des amendes pouvant atteindre 100 000 euros, selon le ministère de la Transition écologique.
« Cette interdiction est une avancée majeure pour la transition énergétique », a déclaré la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, dans un communiqué. « Il est incohérent de subventionner les énergies fossiles tout en les promouvant. »
Des exceptions limitées
Certaines publicités échapperont à l'interdiction, notamment celles destinées à promouvoir les carburants moins polluants, comme le gaz naturel liquéfié (GNL) ou les biocarburants. Les publicités pour les véhicules électriques et les énergies renouvelables restent autorisées. Les annonceurs devront toutefois respecter un code de bonne conduite, sous peine de sanctions.
Selon une étude du cabinet Carbone 4, la publicité pour les énergies fossiles représente environ 200 millions d'euros par an en France. Cette mesure devrait entraîner une baisse significative de l'exposition des consommateurs à ces messages.
Réactions mitigées
Les associations environnementales saluent cette décision. « C'est un signal fort envoyé aux industries polluantes », estime Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. « Mais il faut aller plus loin en interdisant également les publicités pour les produits les plus émetteurs de CO2, comme les SUV. »
Du côté des professionnels de la publicité, l'inquiétude domine. « Cette interdiction va fragiliser un secteur déjà en difficulté », prévient Stéphane Martin, président de l'Union des annonceurs. « Nous craignons une perte de recettes et des suppressions d'emplois. »
Un précédent européen
La France n'est pas le premier pays à interdire la publicité pour les énergies fossiles. Les Pays-Bas ont adopté une mesure similaire en 2022, tandis que plusieurs villes européennes, comme Amsterdam et Copenhague, ont banni ces publicités de leurs espaces publics. Au niveau européen, une pétition citoyenne a recueilli plus d'un million de signatures pour réclamer une interdiction généralisée.
Le décret français devrait être publié au Journal officiel dans les prochains jours. Il s'appliquera à toutes les entreprises, y compris les géants pétroliers comme TotalEnergies, qui devront adapter leurs stratégies de communication.



