Tribune : députés dénoncent le démantèlement de l'Ademe
Tribune : députés contre le démantèlement de l'Ademe

Dans une tribune publiée le 27 juin 2026, l'ancienne ministre Dominique Voynet et les députés Stéphane Delautrette et Sandrine Le Feur dénoncent le projet de démantèlement de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (Ademe). Selon eux, cet outil essentiel de la transition écologique, plébiscité par les élus locaux, est menacé par les projets du gouvernement.

L'Ademe, un acteur majeur de la transition écologique

L'Ademe est née dans le contexte de la première crise pétrolière (1973-1974) à l'initiative du Premier ministre Jacques Chirac. Regroupant aujourd'hui trois agences et organismes publics, elle s'est imposée comme un acteur incontournable de la transition écologique. Ses missions se sont étoffées au fil des ans : restauration de la qualité de l'air, gestion des déchets, des sites pollués, lutte contre le bruit, et surtout efficacité énergétique et développement bas carbone.

La qualité de gestion de l'Ademe a été saluée par la Cour des Comptes et l'Inspection générale des Finances, qui a préconisé une hausse de ses effectifs dans un rapport en 2024. L'agence accompagne concrètement les ménages, les entreprises et les collectivités locales dans des projets générateurs d'économies durables et d'emplois locaux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des résultats concrets sur le terrain

L'Ademe est le principal acteur de la décarbonation des entreprises. Via le Fonds Chaleur, près de 11 200 installations d'énergies bas carbone et de récupération d'énergie ont été accompagnées, pour 18 milliards d'euros d'investissements, bénéficiant essentiellement à des entreprises locales. Les élus locaux saluent la proximité et l'expertise des agents de l'Ademe, soulignant son rôle de levier majeur de modernisation économique et de résilience face aux crises.

Des attaques sur les moyens humains

Ces deux dernières années, l'Ademe a subi des attaques sur ses moyens humains, alors que ses missions s'alourdissent. Le gouvernement a annoncé vouloir intégrer ses directions régionales aux Directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal), sous l'autorité du préfet, via le projet de loi visant à « renforcer l'État local » présenté le 20 mai dernier.

Les auteurs de la tribune s'interrogent : s'agit-il d'apporter du sang neuf à des services épuisés, de mettre au pas une agence qui prend sa mission au sérieux, ou d'acter un renoncement face au changement climatique ? Ils pointent le retrait, sur ordre de Matignon, de 23 fiches techniques destinées aux élus pour la transition écologique.

L'avis du Conseil d'État

Le Conseil d'État, dans son avis sur le projet de loi, pointe un mode d'organisation « sans précédent » et une intégration « qui ne lui apparaît pas satisfaisante en termes de bonne administration ». Il souligne que la mise à disposition d'office des personnels « porterait atteinte aux droits contractuels des salariés concernés » et « n'apparaît pas justifiée par un intérêt général suffisant ».

Le conseil d'administration de l'Ademe a adopté à une large majorité une résolution demandant au gouvernement de renoncer à son projet. Fait rare, un opérateur public oppose un refus explicite à son autorité de tutelle.

Un appel au dialogue

Les signataires de la tribune, Stéphane Delautrette (député socialiste de la Haute-Vienne), Sandrine Le Feur (députée Renaissance du Finistère) et Dominique Voynet (députée écologiste du Doubs et ancienne ministre), apportent leur soutien au conseil d'administration et aux salariés de l'Ademe. Ils appellent le gouvernement à écouter les élus, les entreprises et les experts, et à reprendre un dialogue fécond avec l'agence.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale