Canicule en prison : 34°C dans les cellules, des détenus suffoquent
Canicule : 34°C dans les cellules, des détenus suffoquent

Le bitume de la cour d'entrée brûle à plus de 57°C, et les cellules, parfois partagées par deux ou trois personnes, atteignent 34°C. « Le Nouvel Obs » a accompagné vendredi la visite de la députée écologiste du Rhône Marie-Charlotte Garin au centre pénitentiaire de Villefranche-sur-Saône, où les détenus suffoquent sous la canicule.

Une cellule de 12 m² pour trois détenus

La fenêtre grande ouverte sur des doubles barreaux, Rayan (prénom modifié) montre du doigt les draps blancs accrochés sur l'encadrement, solution de fortune contre les rayons du soleil qui « tapent le matin ». « Quand on a trop chaud, on se met de l'eau fraîche sur le visage et le corps », décrit-il, les yeux fatigués, à la députée. La cellule de 12 m² est partagée par trois codétenus. Un petit ventilateur sur la table semble inefficace, et le réfrigérateur ronronne difficilement.

Le mercure affiche 38°C dans cette ville située au nord de Lyon, dans le Rhône, département placé en vigilance rouge canicule, comme 60 autres en France. À 11 heures du matin, la cellule de Rayan atteint déjà 34°C. « En été, on cuit comme des pop-corns », lance un autre détenu.

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Des conditions indignes selon la députée

Marie-Charlotte Garin a dénoncé des conditions de détention indignes. « C'est une véritable bombe sanitaire et sociale, a-t-elle déclaré. Comment peut-on laisser des êtres humains dans des cellules surchauffées, sans climatisation, avec une promiscuité insupportable ? » La députée a souligné que la surpopulation carcérale aggrave la situation. Selon les chiffres de l'administration pénitentiaire, le centre de Villefranche-sur-Saône compte 621 places pour 743 détenus, soit un taux d'occupation de 120 %.

Des mesures d'urgence réclamées

Face à la canicule, la députée réclame des mesures immédiates : distribution de brumisateurs, ouverture des cours d'eau, et réduction de la surpopulation. « Il faut des cellules climatisées et une baisse du nombre de détenus par cellule », insiste-t-elle. La visite intervient alors que la France connaît une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures records attendues dans les prochains jours.

Les syndicats pénitentiaires alertent également sur les risques pour la santé des détenus et des personnels. « Avec 34°C dans les cellules, les risques de malaise sont élevés, explique un représentant syndical. Nous demandons des ventilateurs supplémentaires et des pauses régulières pour les agents. »

Le ministère de la Justice n'a pas encore répondu aux demandes de commentaires. En attendant, les détenus de Villefranche-sur-Saône continuent de subir une chaleur accablante, sans perspective d'amélioration immédiate.

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