Le 17 juillet 2026, un séminaire inédit a réuni à Paris des dirigeants d'entreprise et des représentants syndicaux pour réfléchir à une réponse commune face au réchauffement climatique. L'objectif affiché : éviter que la transition écologique ne se fasse au détriment des travailleurs. Selon un sondage Ifop réalisé pour l'occasion, 78% des salariés estiment que leur entreprise ne fait pas assez pour le climat, mais 62% craignent que des mesures trop brutales ne menacent leur emploi.
Un constat partagé, des solutions divergentes
« Il y a une urgence à agir, mais nous devons le faire en emmenant tout le monde avec nous », a déclaré la présidente du Medef, Marie-Claire Dupont, en ouverture du séminaire. De son côté, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a insisté sur la nécessité de « ne pas laisser les salariés payer le prix de la transition ». Les échanges ont mis en lumière des divergences sur le rythme des changements : les directions privilégient une approche progressive, tandis que les syndicats réclament des mesures plus ambitieuses et un accompagnement renforcé.
Des pistes concrètes émergent
Plusieurs propositions ont émergé de la journée, notamment la création d'un fonds de transition pour financer la formation des salariés dont les métiers sont menacés par la décarbonation. Un tiers des emplois en France sont considérés comme « sensibles » au changement climatique, selon une étude du ministère du Travail citée lors du séminaire. Les participants ont également plaidé pour un renforcement du dialogue social dans les entreprises sur les questions climatiques, avec la mise en place de comités climatiques paritaires.
Un test grandeur nature dans l'industrie
L'entreprise chimique Solvay a présenté un accord innovant signé avec les syndicats, prévoyant une réduction de 40% de ses émissions de CO2 d'ici 2030, assortie de garanties pour l'emploi et de formations pour les salariés. « C'est un exemple de ce qu'on peut faire quand on travaille main dans la main », s'est félicité le DRH du groupe. Selon les syndicats, cet accord pourrait servir de modèle pour d'autres secteurs.
Des obstacles persistants
Malgré ces avancées, les syndicats ont dénoncé le manque d'engagement concret de certaines directions. « Trop d'entreprises se contentent de greenwashing », a regretté Martinez. De leur côté, les dirigeants ont souligné les contraintes économiques et la concurrence internationale. « On ne peut pas décarboner du jour au lendemain sans mettre en péril la compétitivité », a rétorqué Dupont. Le séminaire s'est conclu sur la promesse de poursuivre les discussions, avec un prochain rendez-vous dans six mois.



