Le 22 juillet 2026, Monique Barbut, huitième ministre de l'Écologie en neuf ans sous Emmanuel Macron, a annoncé sa démission dans une note de cinq pages, avant de se rétracter après un appel de l'Élysée. Pour Arnaud Gossement, avocat spécialiste en droit de l'environnement, cet épisode illustre l'affaiblissement continu du « super-ministère » de l'Écologie créé en 2007.
Un ministère affaibli et découpé
Selon Gossement, le ministère a été progressivement affaibli : découpé, doté de plusieurs ministres, séparé de l'administration de l'énergie, et ses opérateurs comme l'Office français de la Biodiversité (OFB) et l'Agence de la Transition écologique (Ademe) sont critiqués, menacés de coupes budgétaires, voire de suppression. La ministre, après avoir perdu des arbitrages et échoué à peser sur la loi d'urgence agricole, s'est effacée de l'Assemblée avant de tenter de quitter le gouvernement.
L'écologie, une condition de la sécurité
Gossement propose de repenser le discours : associer écologie et sécurité. Il constate que la sécurité est la priorité de l'État, comme le montre la place prééminente du ministre de l'Intérieur. Pourtant, l'écologie est rarement liée à la sécurité dans le débat politique, alors qu'elle en est la condition fondamentale. « Sans écologie, la Terre s'en remettra, pas l'humanité », écrit-il.
L'exemple de l'incendie de Fontainebleau
Le 16 juillet, le président Macron s'est rendu à Fontainebleau alors que la forêt brûlait. Dans son discours, il a remercié le ministre de l'Intérieur et le préfet, mais pas la ministre de la Transition écologique. Aucune mention du changement climatique, pourtant responsable de l'intensification des sécheresses et incendies. « Si le pyromane allume la mèche, le changement climatique lui fournit le carburant », souligne Gossement.
Redéfinir le rôle du ministère
Pour l'avocat, il est temps de rappeler que l'OFB est une police de l'environnement, que les énergies renouvelables contribuent à la sécurité énergétique, que la lutte contre la fast-fashion protège l'emploi textile, et que la lutte contre la bétonisation prévient les inondations. « Le ministère de la Transition écologique est aussi un grand ministère de la sécurité », affirme-t-il.
Tant que l'écologie sera perçue comme une protection d'un environnement extérieur, le ministère et ses dirigeants continueront d'être méprisés, conclut Gossement.



