Monique Barbut, ancienne présidente du Comité de lutte contre la désertification des Nations unies, a annoncé son ralliement au gouvernement, provoquant une vive réaction des organisations non gouvernementales (ONG) environnementales. Ces dernières dénoncent un « signal très inquiétant » et accusent Barbut d'« endosser la politique de destruction du gouvernement ».
Une décision critiquée par les ONG
Dans un communiqué commun, plusieurs ONG, dont Greenpeace France, Les Amis de la Terre et WWF France, ont exprimé leur « profonde déception » face à cette décision. Selon elles, Monique Barbut, qui avait auparavant dénoncé les politiques environnementales du gouvernement, change de camp et légitime désormais des actions jugées néfastes pour l'environnement.
« C'est un signal très inquiétant que celui donné par une personnalité qui était jusqu'alors une voix critique et indépendante. En rejoignant le gouvernement, elle endosse la politique de destruction de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique menée par l'exécutif », a déclaré Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France.
Le parcours de Monique Barbut
Monique Barbut, 68 ans, a été secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification de 2013 à 2019. Elle a également occupé des postes de direction à l'Agence française de développement (AFD) et au ministère de l'Écologie. Jusqu'à récemment, elle était considérée comme une voix influente dans le domaine de l'environnement, critiquant régulièrement les politiques gouvernementales jugées insuffisantes.
Sa nomination au sein du gouvernement intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'exécutif et les ONG environnementales, qui accusent le gouvernement de ne pas prendre suffisamment en compte les enjeux climatiques et de biodiversité.
Les réactions politiques
Du côté du gouvernement, on salue l'arrivée de Monique Barbut, soulignant son expertise et son expérience internationale. « C'est une personnalité de premier plan qui apportera une vision éclairée à nos politiques environnementales », a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Cependant, les ONG restent sceptiques. « Nous ne pouvons pas croire que son arrivée changera quoi que ce soit. Le gouvernement continue de soutenir des projets destructeurs comme l'extension de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le projet de gaz de schiste », a ajouté Julliard.
Un impact sur la crédibilité des ONG ?
Certains analystes estiment que cette volte-face pourrait affaiblir la crédibilité des ONG environnementales, qui perdent une voix influente. D'autres y voient au contraire une opportunité de renforcer leur position en dénonçant plus fermement les compromissions.
« C'est un test pour les ONG. Elles doivent montrer qu'elles restent indépendantes et qu'elles ne se laissent pas acheter par des postes gouvernementaux », a commenté un expert en sciences politiques.
La polémique intervient alors que la France se prépare à accueillir la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, la COP29, prévue en 2027. Les ONG appellent le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique, plutôt que de recruter des personnalités controversées.



