Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé, mercredi 23 septembre, à l'établissement d'une trêve concernant les infrastructures énergétiques, alors que les frappes sur les raffineries et les dépôts de pétrole se poursuivent, de même que les frappes sur des bâtiments civils. Jeudi, au moins deux personnes sont mortes à Kiev dans ce contexte.
Un appel à la désescalade avant l'hiver
S'exprimant à la tribune des Nations unies, Volodymyr Zelensky a prévenu que l'Ukraine ne se laisserait pas faire et rendrait l'hiver très douloureux pour la Russie si les deux camps ne parvenaient pas à convenir, avant l'arrivée du froid, d'une trêve concernant les infrastructures énergétiques. « Les Ukrainiens comprennent que l'hiver pourrait être très rude pour nous », a-t-il déclaré. « Mais en réponse, nous n'aurons d'autre choix que de le rendre douloureux pour la Russie également », a-t-il ajouté.
Kyiv et ses alliés œuvrent pour conclure avec Moscou des accords limités prévoyant un moratoire sur les frappes contre le secteur énergétique ainsi qu'en mer Noire, comme indiqué notamment par le président français Emmanuel Macron à l'issue de réunions lundi soir à New York avec le président américain Donald Trump puis avec Volodymyr Zelensky.
Moscou intéressé par une trêve partielle
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré mercredi aux journalistes, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, que Moscou avait exprimé son intérêt pour une trêve partielle qui concernerait l'énergie et les exportations céréalières. La Russie n'a toutefois pas évoqué cette proposition dans son compte rendu de la réunion organisée entre son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain.
Moscou a réitéré mercredi sa volonté de réaliser les objectifs de ce qu'il présente comme une « opération militaire spéciale », lancée en février 2022, que Kyiv et ses alliés dénoncent comme une invasion.
Des frappes intensifiées des deux côtés
En dépit d'un arsenal de missiles bien moins important que celui dont Moscou dispose, Kyiv parvient à frapper des entrepôts et des raffineries de pétrole russes grâce à des milliers de drones à longue portée développés durant cette guerre. « Voilà pourquoi nous disons que des mesures de désescalade sont nécessaires avant l'hiver », a souligné le président ukrainien, appelant à davantage d'efforts diplomatiques et notant l'influence que le président chinois Xi Jinping pourrait avoir sur le président russe Vladimir Poutine.
Au moins deux personnes sont mortes ce jeudi dans une série de frappes russes sur Kiev. Le maire avait sommé un peu plus tôt ses citoyens de « rester dans les abris » après avoir constaté que « la capitale (ukrainienne) est attaquée par des missiles balistiques ». Selon des chiffres de l'AFP, établis à partir de données de l'ONG Acled, la région de Kiev a essuyé plus de frappes ou séries de frappes russes sur les 18 premiers jours de septembre 2026 (118 événements) que sur n'importe quel autre mois depuis le début du conflit, à l'exception de mars 2022 (174).
L'Ukraine aussi a intensifié ses frappes, visant depuis plusieurs mois les raffineries et dépôts de pétrole ainsi que des entrepôts de géants de l'e-commerce à l'instar de Wildberries et Ozon.
En attendant la réponse de la Russie
Xi Jinping, qui n'assiste pas à l'Assemblée générale des Nations unies, est attendu ce jeudi à la Maison blanche pour un sommet avec le président américain Donald Trump, qui a rencontré mardi Volodymyr Zelensky et évoqué avec ce dernier une possible trêve énergétique. « Nous attendons la réponse de la Russie », a déclaré par ailleurs le dirigeant ukrainien mercredi. « L'Ukraine est prête […] à garantir une sécurité du fret et une sécurité alimentaire en mer Noire si la Russie est également disposée à prendre de réelles mesures vers une désescalade. Il faut bien commencer quelque part ».



