Réorganisation au ministère de l'Écologie : inquiétudes sur le projet de Monique Barbut
Réorganisation au ministère de l'Écologie : inquiétudes

Un vent de panique souffle au ministère de la Transition écologique. Un projet de réorganisation, piloté par Monique Barbut, ancienne présidente du Fonds pour l'environnement mondial et proche d'Emmanuel Macron, suscite une vive inquiétude parmi les agents et les syndicats. Selon les informations recueillies par Libération, ce plan prévoit une restructuration en profondeur des services, avec notamment la création d'une direction générale unique et la fusion de plusieurs directions.

Un projet contesté dès sa présentation

Le projet a été présenté le 20 juin dernier aux organisations syndicales, qui n'ont pas caché leur opposition. « C'est un véritable choc pour les agents, explique un représentant syndical. On nous annonce une réorganisation massive sans aucune concertation préalable. » Selon lui, le calendrier est particulièrement serré : la mise en œuvre est prévue pour janvier 2025, soit dans moins de six mois.

Le ministère emploie environ 30 000 agents, dont une large part travaille dans les services déconcentrés (directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement, etc.). La réorganisation toucherait l'ensemble des directions, avec des suppressions de postes redoutées. « On parle de 10 à 15 % d'effectifs en moins dans certains services, affirme un agent sous couvert d'anonymat. C'est intenable. »

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Monique Barbut, une figure controversée

Monique Barbut, nommée en mai dernier à la tête d'une mission de réforme du ministère, est une haute fonctionnaire expérimentée. Ancienne directrice de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), elle a également présidé le Fonds pour l'environnement mondial. Mais son style de management est critiqué. « Elle a la réputation de vouloir aller vite, quitte à brusquer les équipes, confie un cadre du ministère. Beaucoup craignent une casse sociale. »

Le projet s'inscrit dans une volonté de rationalisation des structures, alors que le ministère a vu ses budgets augmenter ces dernières années, notamment dans le cadre de la planification écologique. « L'objectif est de gagner en efficacité et en cohérence, explique-t-on au cabinet de la ministre Agnès Pannier-Runacher. Mais il n'est pas question de sacrifier la qualité du service public. »

Des craintes pour les missions environnementales

Au-delà des questions d'organisation, les syndicats s'inquiètent de l'impact sur les missions du ministère. « La transition écologique est un enjeu majeur, rappelle un syndicaliste. Si on réduit les effectifs et qu'on centralise trop, on risque de perdre en proximité avec les territoires. » Les agents pointent notamment le risque de voir les services déconcentrés affaiblis, alors que ce sont eux qui assurent le suivi des dossiers locaux (autorisations environnementales, contrôle des installations classées, etc.).

Selon une note interne consultée par Libération, le projet prévoit la création d'une « direction générale de la transition écologique et de la cohésion des territoires », qui fusionnerait plusieurs directions existantes. Cette mesure est perçue comme une « recentralisation » par les syndicats. « On va perdre des compétences et des spécialistes, déplore un agent. C'est l'inverse de ce qu'il faudrait faire pour réussir la transition écologique. »

Mobilisation en vue

Face à ce projet, les syndicats appellent à une journée de grève et de manifestation le 4 juillet prochain. « Nous demandons le retrait pur et simple de ce plan, indique un communiqué de l'intersyndicale. Nous exigeons une véritable concertation et des garanties sur les effectifs et les missions. »

Du côté du ministère, on temporise. « Le projet est encore en phase de discussion, assure-t-on au cabinet. Rien n'est figé. Nous allons échanger avec les représentants du personnel pour trouver les meilleures solutions. » Mais le calendrier serré et la détermination des syndicats laissent présager un conflit social d'ampleur dans les semaines à venir.

Contactée par Libération, Monique Barbut n'a pas souhaité s'exprimer. Son entourage précise qu'elle est « à l'écoute des agents » et que « la réorganisation vise à mieux répondre aux défis climatiques ». Une position qui peine à convaincre les principaux intéressés.

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