Le sénateur Vincent Delahaye (Union centriste) a déposé un rapport appelant à une augmentation significative des embauches de contrôleurs aériens en France, afin d'éviter un blocage du ciel européen. Selon lui, le manque d'effectifs est à l'origine de retards et d'annulations en cascade, qui perturbent le trafic aérien depuis plusieurs mois.
Un constat alarmant sur la situation actuelle
Dans son rapport, le sénateur souligne que la France connaît une pénurie de contrôleurs aériens, avec un taux de vacance de postes de 12 % en 2025. Cette situation entraîne des restrictions de trafic, notamment pendant les périodes de pointe estivales. En 2025, près de 20 % des vols au départ de Paris ont subi un retard de plus de 30 minutes, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Le rapport indique que le nombre de contrôleurs aériens en France est passé de 4 200 en 2010 à 3 800 en 2025, en raison de départs à la retraite non remplacés et d'un recrutement insuffisant. Pourtant, le trafic aérien a augmenté de 15 % sur la même période.
Les conséquences sur le trafic européen
Le blocage du ciel français a des répercussions sur l'ensemble de l'Europe. La France est un carrefour majeur pour le trafic aérien, avec environ 3 millions de vols par an transitant par son espace aérien. Les retards en France se répercutent sur les correspondances dans toute l'Europe, causant des perturbations économiques importantes. Selon une étude d'Eurocontrol, les retards liés au contrôle aérien français ont coûté 1,2 milliard d'euros aux compagnies aériennes en 2025.
Vincent Delahaye propose d'embaucher 500 contrôleurs supplémentaires d'ici 2030, soit une augmentation de 13 % des effectifs actuels. Il recommande également d'améliorer les conditions de travail pour fidéliser le personnel, notamment en réduisant le temps de travail hebdomadaire de 35 à 32 heures, sans baisse de salaire.
Les réactions des syndicats et de la DGAC
Les syndicats de contrôleurs aériens, comme l'USAC-CGT, accueillent favorablement ces propositions. « C'est une première étape, mais il faut aller plus loin. La pénurie est chronique et les conditions de travail se dégradent », a déclaré un représentant syndical. La DGAC, de son côté, reconnaît les difficultés de recrutement mais souligne que des efforts ont été faits, avec 150 embauches prévues en 2026.
Le sénateur insiste sur l'urgence d'agir : « Si rien n'est fait, nous risquons un blocage total du ciel européen lors des prochains étés. » Il appelle le gouvernement à inscrire cette question dans le prochain budget de l'aviation civile.



