Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, serait sur le point de claquer la porte du gouvernement. Selon des sources proches de l'exécutif, la discrète ministre aurait exprimé à plusieurs reprises son mécontentement face aux arbitrages budgétaires et aux orientations politiques jugées insuffisantes en matière d'écologie. Cette menace de démission, si elle se concrétisait, serait un séisme politique pour le gouvernement, déjà fragilisé par des tensions internes.
Des désaccords profonds sur la politique climatique
Les désaccords entre Monique Barbut et le Premier ministre portent notamment sur le projet de loi de finances pour 2025. La ministre aurait réclamé une augmentation significative des crédits alloués à la transition écologique, mais ses demandes auraient été largement ignorées. Selon un conseiller ministériel, « Monique Barbut estime que le gouvernement ne prend pas la mesure de l'urgence climatique et sacrifie l'avenir sur l'autel de l'austérité budgétaire ».
Un autre point de friction concerne la politique agricole et la lutte contre les pesticides. La ministre aurait défendu une position plus ferme, notamment sur l'interdiction du glyphosate, mais se serait heurtée à l'opposition du ministère de l'Agriculture. Cette situation aurait conduit à un isolement croissant de Monique Barbut au sein du gouvernement.
Une ministre discrète mais déterminée
Monique Barbut, 68 ans, est une haute fonctionnaire reconnue pour son expertise en matière d'environnement. Ancienne directrice de l'Office français de la biodiversité, elle a été nommée ministre de la Transition écologique en juillet 2024. Sa discrétion contraste avec la virulence de ses critiques internes. Selon un proche, « elle n'est pas du genre à faire des vagues médiatiques, mais elle est prête à aller jusqu'au bout de ses convictions ».
Son éventuel départ raviverait les critiques sur la crédibilité écologique du gouvernement. Déjà, des associations environnementales, comme Greenpeace France, ont appelé à « une véritable prise de conscience » et menacent de descendre dans la rue si la démission se confirme. « La démission de Monique Barbut serait un signal désastreux envoyé à la communauté internationale et aux citoyens engagés pour le climat », a déclaré un porte-parole de l'ONG.
Quelles conséquences politiques ?
Si Monique Barbut venait à démissionner, cela pourrait entraîner un remaniement ministériel et affaiblir davantage la position du gouvernement sur les questions environnementales. Le président de la République aurait tenté de la convaincre de rester, mais sans succès pour l'instant. Selon un sondage récent, 67% des Français estiment que le gouvernement ne fait pas assez pour l'environnement, un chiffre qui pourrait encore augmenter en cas de départ de la ministre.
La décision de Monique Barbut est attendue dans les prochains jours. En attendant, les spéculations vont bon train sur son éventuel successeur. Parmi les noms cités figurent celui de la secrétaire d'État à la Biodiversité, Sarah El Haïry, et de l'ancienne ministre de l'Écologie, Barbara Pompili.



