Dans la nuit de mercredi à jeudi, une femme âgée de 53 ans a été découverte inanimée dans son appartement du quartier de Fontaine d'Ouche à Dijon, présentant des blessures au visage et aux côtes. Son décès a été constaté peu après l'arrivée des secours. Son compagnon, âgé de 34 ans, a été interpellé sur place et placé en garde à vue pour « homicide par concubin », a annoncé le parquet de Dijon.
Une intervention déclenchée par des cris
Les policiers sont intervenus à la suite d'un appel de voisins, inquiétés par des cris provenant de l'appartement. En arrivant sur place, ils ont surpris l'homme « dans un grand état d'excitation, qui tentait de sauter du 2e étage », a précisé le procureur de Dijon, Arnaud Viornery, dans un communiqué. L'homme a été interpellé et une enquête de flagrance a été ouverte pour homicide par concubin.
Selon le procureur, le mis en cause n'était pas connu pour des faits de violences conjugales. Il fréquentait depuis peu la victime, qui exerçait la profession d'agent d'entretien.
Une réaction politique et un contexte national
La maire de Dijon, Nathalie Koenders (PS), a exprimé dans un communiqué ses « pensées à cette femme, à ses enfants, à sa famille et à ses proches ». Elle a également souligné que « les violences faites aux femmes continuent de tuer », alors que le Parlement examine une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
Ce drame s'inscrit dans un contexte national préoccupant. Selon le collectif Féminicides, qui recense les cas rapportés par la presse depuis 2016, 66 femmes ont été tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier 2026, au 20 septembre. En 2025, elles étaient 98 sur l'année. L'Observatoire national des violences faites aux femmes indique qu'en France, une femme est victime de féminicide ou de tentative de féminicide toutes les 7 minutes.
Des chiffres en hausse
Les données officielles confirment cette tendance. En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, contre 96 en 2023, soit une augmentation de 11 %, selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes. Dans les Alpes-Maritimes et le Var, une dizaine de femmes ont été tuées par leur conjoint, mari ou ex depuis le 1er janvier 2026, selon un décompte de la presse locale.
Le parquet de Dijon n'a pas communiqué sur les suites judiciaires immédiates, mais l'enquête de flagrance se poursuit sous l'autorité du procureur Arnaud Viornery.