Le tribunal administratif de Toulon examinait, ce jeudi matin, la requête déposée par Pierre-Laurent Chable, candidat du Rassemblement national, contre l'élection municipale de Cuers. L'opposant, battu au premier tour avec 35 % des suffrages, contestait la réélection du maire sortant Bernard Mouttet, crédité de 59 % des voix. À l'issue de l'audience, la rapporteure publique a proposé le rejet de la requête, estimant que les arguments présentés n'étaient pas fondés.
Une confusion de pages Facebook jugée peu crédible
Pierre-Laurent Chable fondait son argumentaire sur plusieurs griefs. Le premier concernait la confusion entre la page Facebook officielle de la commune et celle ouverte par Bernard Mouttet en qualité de candidat, intitulée « Mouttet Bernard 2026 ». Selon l'élu d'opposition, les publications sur ces deux supports, dans les mois précédant le scrutin, auraient induit les électeurs en erreur, la page du candidat étant devenue plus fournie que celle dédiée aux réalisations municipales.
Ce moyen n'a pas convaincu la rapporteure publique. Elle a proposé de l'écarter en soulignant que les mentions figurant sur la page du candidat étaient suffisamment claires pour qu'aucune confusion avec celle de la commune ne soit possible pour les électeurs.
Une cérémonie de vœux dans la continuité
Le second argument portait sur la cérémonie de vœux organisée début 2026, quelques semaines avant le scrutin. Pierre-Laurent Chable soutenait que Bernard Mouttet avait violé le code électoral en profitant de cet événement pour promouvoir sa candidature. Le maire sortant a toutefois assuré que la cérémonie s'était déroulée dans des conditions comparables à celles des années précédentes, tant en termes de moyens mobilisés que de fréquentation. Il a également nié avoir présenté des projets portés par sa liste en vue du prochain mandat lors de cet événement.
La rapporteure publique s'est montrée tout aussi critique envers cette argumentation, estimant que la cérémonie s'inscrivait dans la continuité des pratiques habituelles.
Les autres griefs écartés
Les autres moyens soulevés par l'élu Rassemblement national, notamment la participation d'un agent municipal à la campagne et l'inauguration de la fresque de la carte postale en centre-ville quelques jours avant le scrutin, n'ont pas davantage retenu l'attention de la rapporteure publique. Celle-ci a proposé au tribunal de rejeter l'ensemble de la requête.
La décision a été mise en délibéré. Le tribunal administratif rendra son jugement dans les prochaines semaines.