Dans une tribune publiée par Le Monde, un collectif d'experts, d'économistes et de citoyens tire la sonnette d'alarme : notre modèle de société, fondé sur la hausse continue de l'abondance matérielle, est en faillite. Pourtant, les responsables politiques continuent de regarder ailleurs, incapables de proposer des alternatives crédibles face à l'urgence écologique et sociale.
Un constat sans appel
Selon les signataires, la croissance économique infinie dans un monde aux ressources finies est une illusion dangereuse. Ils soulignent que les limites planétaires sont déjà dépassées dans plusieurs domaines : changement climatique, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources. « Nous vivons comme si nous avions plusieurs planètes à notre disposition, mais nous n'en avons qu'une », écrivent-ils.
Les chiffres sont alarmants : selon le dernier rapport du GIEC, les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 45 % d'ici 2030 pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Or, elles continuent d'augmenter. Par ailleurs, l'empreinte écologique mondiale dépasse de 1,6 fois la capacité de régénération de la Terre.
L'inaction politique pointée du doigt
Les auteurs de la tribune dénoncent l'absence de volonté politique pour engager une transition profonde. « Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont privilégié des mesures cosmétiques qui ne remettent pas en cause le dogme de la croissance », affirment-ils. Ils regrettent que les débats électoraux soient dominés par des sujets comme le pouvoir d'achat ou l'immigration, alors que l'urgence climatique exige des décisions radicales.
Ils citent l'exemple de la France, où le Haut Conseil pour le climat a pointé un manque d'ambition dans les politiques publiques. Selon son dernier avis, les mesures actuelles ne permettront pas d'atteindre les objectifs de réduction des émissions en 2030.
Des propositions pour une société post-croissance
Face à ce constat, les signataires appellent à un changement de paradigme. Ils proposent de sortir du PIB comme indicateur de succès, de réduire le temps de travail, de relocaliser l'économie, de développer des services publics forts, et de mettre en place une planification écologique démocratique. « Il ne s'agit pas de revenir à l'âge de pierre, mais de construire une société plus sobre, plus juste et plus résiliente », expliquent-ils.
Ils insistent sur la nécessité de réduire les inégalités, car les plus riches sont les plus gros émetteurs de carbone. Selon une étude d'Oxfam, les 1 % les plus riches émettent autant que les 50 % les plus pauvres. Une réorientation de la fiscalité vers les plus aisés et les activités polluantes est donc urgente.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Les auteurs de la tribune ne se contentent pas de critiquer : ils appellent les citoyens à s'organiser pour faire pression sur les élus. « Les politiques ne changeront que si nous les y contraignons par des mobilisations massives et durables », écrivent-ils. Ils rappellent que des mouvements comme les marches pour le climat ou les grèves étudiantes ont déjà montré leur force, mais qu'il faut aller plus loin.
En conclusion, ils affirment que le temps presse. « Nous devons agir maintenant, collectivement, pour éviter le pire. L'avenir de nos enfants et de la planète en dépend. » La tribune, signée par une centaine de personnalités, est un appel à une prise de conscience collective et à une action politique à la hauteur des enjeux.



