Infirmiers réclament un plan chaleur domicile face aux 7 300 décès excédentaires
Infirmiers réclament un plan chaleur domicile face aux décès

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) a demandé ce mercredi 19 août 2026 sur franceinfo la création d'un « plan chaleur domicile » pour mieux identifier et protéger les personnes vulnérables lors des vagues de chaleur. Cette requête intervient alors que les épisodes caniculaires estivaux ont entraîné 7 300 décès excédentaires sur la période concernée, selon les données citées par le syndicat.

Une méthode active pour remplacer la prévention passive

Le SNPI juge la méthode actuelle insuffisante, car elle repose essentiellement sur une logique passive de prévention. Son porte-parole, Thierry Amouroux, a plaidé pour un changement de paradigme : « Aujourd'hui, on est dans une logique de prévention et il faut passer à une politique organisée autour du “allons vers vous” ». Il a ajouté que « prévenir qu'il va faire chaud ne suffit pas à protéger une personne vulnérable qui vit seule dans un appartement surchauffé ; il faut désormais être plus actif ».

Pour concrétiser cette ambition, le syndicat propose un plan en six points visant à repenser les critères de vulnérabilité. Actuellement, les registres de la Caisse centrale d'activités sociales s'appuient principalement sur l'âge des habitants. Le SNPI suggère au contraire de « raisonner en cumul de vulnérabilité », en croisant plusieurs facteurs de risque : l'âge avancé, l'existence d'une pathologie chronique et l'exposition thermique du logement.

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Mobilisation des 140 000 infirmières libérales pour une veille de terrain

Pour mener cette veille active sur le terrain, l'organisation souhaite mobiliser les 140 000 infirmières libérales du territoire. Ces professionnelles de proximité sont en effet les seules à pouvoir détecter des réalités invisibles pour les bases de données administratives : elles « voient ce que les systèmes d'information ne voient pas : une chambre sous les toits, une personne qui ne boit pas, un début de confusion », selon le SNPI.

Sur le plan opérationnel, le dispositif prévoit des visites de contrôle immédiates en cas de signal d'alerte, par exemple si un usager ne répond plus aux appels. Le syndicat souhaite également institutionnaliser une évaluation clinique ciblée : « Il faudrait créer une consultation préventive de chaleur pour évaluer l'état clinique de la personne et coordonner avec le médecin et les services sociaux une surveillance renforcée ».

Cartographie des logements « bouilloires thermiques » et mise à l'abri d'urgence

En parallèle, ce plan appelle à cartographier rigoureusement les logements qualifiés de « bouilloires thermiques » afin d'organiser, lorsque la situation l'exige, la mise à l'abri d'urgence des habitants dont le domicile devient temporairement dangereux pour leur santé. Cette mesure vise à identifier les bâtiments particulièrement exposés à la chaleur, souvent des logements sous les toits ou mal isolés, où les températures intérieures peuvent devenir critiques pendant les canicules.

Le SNPI insiste sur la nécessité de passer d'une approche uniquement préventive à une politique active de protection, en s'appuyant sur le maillage territorial des infirmières libérales. Le plan chaleur domicile repose sur un repérage plus précis des personnes à risque, une évaluation clinique préventive et une coordination renforcée avec les médecins et les services sociaux pour assurer une surveillance continue des plus vulnérables.

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