L'hydre, petite cousine des méduses, intrigue les scientifiques depuis longtemps. En conditions contrôlées, elle ne présente aucun vieillissement observable : pas de déclin ni de sénescence mesurable. Sa longévité pourrait être extrêmement élevée, sans limite biologique clairement identifiée à ce jour. En 1998, le biologiste Daniel Martínez a démontré que des populations d'Hydra vulgaris suivies pendant plusieurs années n'affichaient aucune augmentation mesurable de la mortalité liée à l'âge. Ce phénomène repose sur un renouvellement cellulaire continu : ses cellules souches remplacent en permanence les cellules abîmées. L'animal reste toutefois vulnérable aux agressions extérieures.
Les hydres sont également appelées polypes d'eau douce.
Le tardigrade, survivant extrême
Invisible à l'œil nu, le tardigrade fascine par sa résistance. À l'état de cryptobiose, il peut supporter des températures extrêmement basses ainsi que des chaleurs inhabituelles pour un organisme vivant. Il résiste également à de fortes doses de radiations et au vide spatial. Face au stress, il se déshydrate presque totalement et suspend son métabolisme. Il peut rester dans cet état durant des années, puis reprendre une activité biologique normale après réhydratation. En 2017, des chercheurs ont notamment mis en évidence des protéines susceptibles de limiter les dommages subis par l'ADN dans ces conditions extrêmes. Une incroyable stratégie de survie.
Régénérer, mais jusqu'où ?
Certains organismes repoussent encore ces limites. Les planaires, de petits vers plats très simples qui vivent surtout en eau douce (mares, ruisseaux), peuvent reconstruire un organisme complet à partir d'un très petit fragment de leur corps. Ce pouvoir repose sur des cellules souches capables de tout reformer. Comprendre comment une hydre maintient ses tissus ou comment un tardigrade protège son matériel génétique pourrait inspirer de nouvelles approches en médecine régénérative et en biologie du vieillissement. Mais des limites subsistent, car ces mécanismes restent difficilement transposables aux vertébrés.
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Cet article est réalisé par Le Monde des Animaux et hébergé par 20 Minutes.



