Handifly : des athlètes handicapés défient le vide au championnat de France
Handifly : handicapés défient le vide au championnat de France

À Pujaut, dans le Gard, douze athlètes en situation de handicap moteur s'affrontent dans les airs à l'occasion du championnat de France Handifly, qui se déroule jeudi 16 et vendredi 17 juillet. Une compétition où la liberté prend tout son sens, selon les participants.

Un saut qui change une vie

Claire Duverger, née grande prématurée et atteinte d'une infirmité motrice cérébrale (paralysie cérébrale), se déplace en fauteuil roulant. Elle a découvert le parachutisme il y a quinze ans, poussée par l'incapacité de dire non. Après 274 sauts, elle participe à nouveau au championnat Handifly. "Ça m'a donné confiance et envie de défis", confie-t-elle.

Comme elle, les onze autres compétiteurs, paraplégiques ou hémiplégiques, sautent en tandem avec un moniteur agréé. Lors de l'atterrissage, certains utilisent un système de poulie pour relever leurs jambes.

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Le déroulement de la compétition

Les athlètes sautent à 4 000 mètres au-dessus du sol. Le but : enchaîner quatre tours alternés le plus rapidement possible. "Leur chronomètre est multiplié par leur coefficient de handicap", explique Franck Cotigny, conseiller technique national à la Fédération française de parachutisme. Le moniteur assure la stabilité mais ne doit pas aider le performeur lors des tours, sous peine de points de pénalité attribués par les juges après visionnage de la vidéo.

Claire Duverger a remporté quatre médailles de bronze grâce à son travail d'équipe avec son binôme et le vidéoman. Pour l'édition 2026, elle déclare : "Je ferai du mieux que je peux, mais je suis déjà contente de sauter. J'aime tellement ça que j'en suis devenue addict."

Une première pour Pujaut

C'est la première fois que l'école de parachutisme Skydive de Pujaut accueille le championnat de France Handifly. Cependant, l'aérodrome gardois est un lieu familier pour les athlètes : "On y organise tous les ans notre stage d'entraînement avant la compétition", précise Franck Cotigny. En début juin, une quinzaine d'athlètes s'y étaient préparés. Les lieux de compétition varient chaque année : Corbas près de Lyon, Orléans, Vichy...

Une sensation de liberté

Claire Duverger, qui s'entraîne à Laval (Mayenne), évoque une "sensation de liberté" et d'adrénaline. "Dans le parachutisme, la question du handicap devient accessoire, contrairement à la vraie vie où ce dont on te parle en premier c'est du handicap", souligne-t-elle. Maxime Granier, également atteint de paralysie cérébrale, est sextuple champion de France. Florent Chopard, 28 ans, victime d'un grave accident de voiture il y a quatre ans, participe pour la deuxième fois. "Au départ, je ressentais de l'euphorie, une forme de libération, mais maintenant c'est surtout de la concentration", confie-t-il, espérant améliorer son temps de 11,5 secondes réalisé à l'entraînement.

Une météo capricieuse

Jeudi à mi-journée, seule la moitié des compétiteurs avaient pu participer à l'une des trois manches du championnat, en raison des conditions météorologiques. "Ça fait partie du jeu", lançaient plusieurs participants, les yeux scrutant le ciel dans l'attente d'une éclaircie.

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