Incendie en Gironde : le débat sur la coupe des arbres ravivé
Gironde : couper des arbres pour sauver la forêt ?

L'incendie qui a ravagé des milliers d'hectares en Gironde cet été relance le débat sur la gestion de la forêt des Landes. « Si on ne coupe pas des arbres, c'est toute la forêt qui va disparaître sous les flammes », alertent des forestiers et scientifiques. Selon eux, l'accumulation de biomasse due à l'absence d'exploitation sylvestre aggrave la virulence des incendies.

Une forêt laissée à l'abandon ?

La forêt des Landes, plus grand massif forestier d'Europe, est confrontée à un paradoxe : bien que plantée pour l'exploitation du pin maritime, elle n'est plus gérée de manière aussi intensive qu'avant. La mécanisation et la diminution de la main-d'œuvre ont réduit les coupes d'éclaircie. Résultat : la densité d'arbres par hectare a augmenté, rendant les peuplements plus vulnérables au feu. « En 2022, nous avons déjà connu un incendie majeur. Avec le réchauffement climatique, ces méga-feux vont devenir la norme si nous n'adaptons pas notre gestion », prévient un expert forestier cité par Libération.

Des statistiques alarmantes

Selon les données de l'Inventaire forestier national, la densité moyenne dans le massif landais est passée de 250 à 350 tiges par hectare en trente ans. Parallèlement, les surfaces brûlées chaque année augmentent : en 2023, 7 000 hectares ont été détruits, contre 4 000 en moyenne dans les années 2000. « Chaque arbre supplémentaire représente un combustible potentiel. Il faut réhabiliter des coupes régulières pour espacer les arbres et créer des coupures de combustible », insiste un ingénieur de l'ONF.

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La difficulté de concilier écologie et prévention

Les opposants à la coupe massive avancent que la forêt landaise est aussi un réservoir de biodiversité. Mais les spécialistes rétorquent que l'absence totale d'intervention mène à des incendies catastrophiques qui anéantissent toute vie. « Une forêt gérée durablement, avec des coupes sélectives, peut rester un habitat pour la faune tout en réduisant les risques. L'inaction est la pire des solutions », affirme un représentant d'Une association de défense de la forêt.

Le débat fait rage au sein des collectivités locales, partagées entre la volonté de préserver l'aspect naturel du massif et la nécessité de protéger les habitations. Plusieurs communes ont déjà mis en place des plans de débroussaillement obligatoires, mais leur application reste variable.

Des solutions concrètes

Parmi les pistes avancées : l'utilisation d'arbres résistants au feu, la création de pare-feu avec des essences moins inflammables, et surtout le retour à une exploitation régulière de la forêt pour réduire la charge combustible. « Il ne s'agit pas de raser la forêt, mais de l'entretenir intelligemment », conclut l'expert. Alors que les températures grimpent, la question de la gestion forestière devient un enjeu de sécurité publique.

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