Un effet inattendu sur le DPE
La climatisation réversible, souvent vantée pour sa polyvalence (chauffage en hiver, rafraîchissement en été), pourrait avoir un impact négatif sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) d'un logement. Selon une étude menée par l'Agence de la transition écologique (ADEME), l'installation de ce type d'équipement peut faire baisser la note DPE de plusieurs lettres, notamment dans les logements mal isolés.
Pourquoi une telle baisse ?
Le DPE évalue la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. La climatisation réversible, lorsqu'elle est utilisée en mode chauffage, consomme de l'électricité. Or, le DPE pénalise l'électricité par rapport au gaz ou au fioul, car sa production est plus énergivore en amont. Ainsi, un logement chauffé à l'électricité voit sa note DPE dégradée, même si l'appareil est performant.
L'ADEME précise que l'impact est particulièrement marqué dans les maisons individuelles et les petits appartements. Par exemple, un logement classé C avant installation peut passer en E ou F après, selon la puissance de l'appareil et l'isolation.
Un chiffre clé
Selon l'ADEME, la consommation d'énergie primaire d'une climatisation réversible peut atteindre 2,5 fois celle d'une pompe à chaleur air-eau, ce qui explique la dégradation du DPE. En moyenne, l'installation d'un tel système augmente la consommation d'énergie primaire de 30 à 50 %, selon le type de logement.
Les recommandations des experts
Pour éviter une mauvaise surprise, les experts conseillent de privilégier une pompe à chaleur air-eau plutôt qu'un système air-air. Cette dernière est mieux notée dans le DPE car elle utilise un circuit d'eau, plus efficace. De plus, il est essentiel d'améliorer l'isolation du logement avant d'installer une climatisation réversible.
"Le DPE est un outil crucial pour la vente ou la location d'un bien. Ignorer l'impact de la climatisation réversible peut coûter cher au propriétaire", explique Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project. Selon lui, un mauvais DPE peut réduire la valeur d'un bien de 10 à 20 %.
Des conséquences sur le marché immobilier
La dégradation du DPE a des conséquences directes sur la valeur du logement et les possibilités de location. Depuis 2023, les logements classés G sont interdits à la location, et les classes F le seront en 2028. Ainsi, un propriétaire qui installe une climatisation réversible sans prendre en compte son impact sur le DPE risque de se retrouver avec un bien invendable ou non louable.
L'ADEME recommande donc de consulter un professionnel avant tout achat, et de vérifier l'impact sur le DPE via un simulateur en ligne. "Il ne s'agit pas de diaboliser la climatisation réversible, mais d'informer les consommateurs pour qu'ils fassent les bons choix", conclut l'agence.



