Face à la hausse des températures mondiales, une équipe de scientifiques planche sur un chocolat capable de résister à la chaleur. L'objectif : éviter que les tablettes ne fondent dans les magasins ou les entrepôts, mais aussi réduire l'empreinte carbone liée à la climatisation. Selon les chercheurs, ce chocolat nouvelle génération pourrait supporter jusqu'à 40°C, contre environ 30°C pour un chocolat classique.
Un enjeu économique et écologique
La fonte du chocolat représente un défi majeur pour l'industrie agroalimentaire. Chaque année, des tonnes de chocolat sont perdues à cause de variations de température, entraînant des coûts considérables. En outre, le transport et le stockage nécessitent des chaînes du froid énergivores. En concevant un chocolat plus résistant, les scientifiques espèrent diminuer la dépendance à la réfrigération, ce qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre.
Comment ça marche ?
L'équipe de recherche, basée à l'université de Gand en Belgique, a mis au point un procédé innovant. En modifiant la structure cristalline du beurre de cacao, ils ont réussi à augmenter le point de fusion du chocolat. Cette technique, inspirée de la nature, imite les propriétés de certaines graisses animales qui restent solides à température ambiante. Les premiers tests en laboratoire sont concluants : le chocolat conserve son aspect brillant et son croquant, même après plusieurs heures à 40°C.
Des applications concrètes
Ce chocolat résistant à la chaleur pourrait révolutionner la distribution dans les pays chauds, où le chocolat fond souvent avant d'atteindre les consommateurs. Il permettrait aussi de réduire la climatisation dans les supermarchés, un poste énergétique important. Les chercheurs envisagent également une utilisation dans les barres énergétiques pour les sportifs, qui pourraient être transportées sans risque de déformation.
Vers une commercialisation ?
Si les résultats sont prometteurs, plusieurs défis restent à relever, notamment le goût et la texture. Les scientifiques travaillent en collaboration avec des chocolatiers pour s'assurer que le produit final satisfasse les papilles. Selon le professeur Jan Van der Meulen, coordinateur du projet, « nous espérons commercialiser ce chocolat d'ici cinq ans, mais il faut d'abord garantir qu'il réponde aux exigences des consommateurs ».
Un pas vers un chocolat durable
Cette innovation s'inscrit dans une démarche plus large de durabilité. En réduisant la consommation d'énergie liée au refroidissement, l'industrie du chocolat pourrait diminuer son empreinte carbone de manière significative. De plus, cette technologie pourrait être appliquée à d'autres aliments sensibles à la chaleur, comme le beurre ou certaines crèmes. Une avancée qui pourrait bien changer la donne dans un contexte de réchauffement climatique.



