Canicule à Nice : planter des arbres place Masséna ?
Canicule à Nice : planter des arbres place Masséna ?

Alors que la canicule s'abat sur Nice, un adjoint au maire propose de planter des arbres sur les places emblématiques de la ville, comme la place Masséna, pour offrir de l'ombre aux habitants et aux touristes. Jean-Marc Governatori, adjoint délégué à l'Environnement, a annoncé son intention de créer une « micro-forêt » de quatre ou cinq arbres sur les places Garibaldi et Masséna, une initiative inédite qui relance le débat sur la minéralité excessive des espaces publics.

Des espaces minéraux devenus invivables

Lors des épisodes de canicule, les grands espaces ouverts comme la place Masséna, le parvis de la gare Thiers ou le quai des États-Unis se transforment en véritables fours. Les températures dépassent souvent les 40°C, et les passants cherchent désespérément un peu d'ombre. Jean, un sexagénaire croisé sur la place Masséna, s'indigne : « Il doit faire plus de 40 °C et il n'y a nulle part où s'abriter. Pourquoi est-ce si minéral ? À côté, il y a la coulée verte, mais ici, où sont les arbres, la fraîcheur ? »

Les commerçants et les employés des restaurants installés sur ces places subissent également la chaleur. Un employé du restaurant Gina, côté Masséna, témoigne : « Ça tape dès 8 heures, et ça nous grille jusqu'à 15-16 heures. Les parasols nous protègent un peu, mais pas assez. C'est compliqué de bosser sous cette chaleur. » Les touristes, eux, pressent le pas pour échapper au soleil, comme le remarque Valentin, un Niçois de 48 ans : « Ils s'arrêtent même plus pour prendre des photos, ils s'entassent sous un pauvre palmier. C'est pas très accueillant. »

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Le débat sur la végétalisation des places

Cette situation ravive le débat sur la nécessité de végétaliser ces espaces. Certains citoyens, comme Joana, 25 ans, estiment qu'il faut « adapter ces espaces pour faire face au climat », et qu'il n'y a pas de contre-arguments. D'autres, comme Patrice, 61 ans, s'inquiètent de l'impact sur les grands événements : « Quand on veut organiser des événements avec des estrades, il faut de la place. Sur Masséna, comment ferait-on notre carnaval ? »

Alain, 64 ans, évoque les contraintes techniques et financières : « En dessous, il y a tous les réseaux d'eau et d'électricité, les parkings ou les locaux des plages privées. Il faudrait des arbres en pot. » Enfin, la dimension patrimoniale est un obstacle majeur, rappelée par l'ancien maire Christian Estrosi en 2023 : « Chaque arbre, quand il est dans un périmètre classé, doit faire l'objet d'une validation par l'architecte des Bâtiments de France, l'Unesco ayant classé Nice au Patrimoine mondial en 2021, sur un périmètre de 500 hectares. »

Une annonce inédite de l'adjoint à l'Environnement

Dans ce contexte, Jean-Marc Governatori, adjoint au maire délégué à l'Environnement, sort du bois avec une proposition concrète : planter « quatre ou cinq arbres » sur les places Garibaldi et Masséna. Il espère ainsi apporter « de l'ombre et de la fraîcheur » à ces espaces. Il reconnaît toutefois que les plantations ne pourront avoir lieu qu'entre novembre et mars, pendant le repos végétal, et que pour le moment, « on ne peut rien faire ».

L'architecte des Bâtiments de France, Luc Albouy, se dit ouvert au débat, mais précise qu'aucune demande ne lui a encore été adressée. Cette annonce pourrait donc ouvrir la voie à une expérimentation, même si les contraintes patrimoniales et techniques restent nombreuses. En attendant, les Niçois et les touristes devront continuer à chercher l'ombre sous les rares arbres ou les parasols des cafés.

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