Canicule : les restaurateurs varois perdent 20 à 50 % de chiffre d'affaires
Canicule : -20 à -50 % de CA pour les restaurateurs varois

Jean-Pierre Ghiribelli, président de l'UMIH 83 (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), tire la sonnette d'alarme : la canicule qui sévit depuis mi-juin dans le Var a fait chuter la fréquentation des restaurants de 20 à 50 % sur la saison. Cette perte de chiffre d'affaires, qu'il qualifie de « non rattrapable », touche principalement le service du midi, où les clients délaissent les établissements sans climatisation.

Une saison en demi-teinte pour l'hôtellerie-restauration varoise

Alors que l'hôtellerie affiche une santé insolente avec un taux d'occupation de 88 % en août, et même 100 % les week-ends, la restauration traverse une période critique. « Côté restauration, on souffre. C'est essentiellement le service du midi qui est impacté. Lourdement. On parle de 20 à 50 % de perte de clientèle, donc de chiffre d'affaires sur la saison », détaille Jean-Pierre Ghiribelli. Cette baisse ne concerne pas les établissements de luxe, qui « ne craignent pas la crise », mais bien les restaurants traditionnels et de milieu de gamme.

La canicule, principale responsable, mais pas seule en cause

Pour le président de l'UMIH 83, la cause est claire : « La canicule en est une, c'est incontestable. La chaleur constante et continue. » Depuis mi-juin, les températures ne cessent de grimper, et beaucoup de restaurateurs ne disposent pas de climatisation. « Le midi, le client sort beaucoup moins. Il n'a pas envie de payer pour avoir très chaud », explique-t-il. Mais la canicule n'explique pas tout : la saison avait déjà démarré faiblement, avec une baisse notable du pouvoir d'achat. Les touristes, qui viennent de plus en plus en train (+14 % d'usagers sur les lignes régionales), rognent sur leur budget restauration.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Vers une refonte du modèle économique ?

Face à cette situation, Jean-Pierre Ghiribelli envisage des solutions structurelles. « On pourrait se dire qu'en installant la climatisation, les restaurants attireraient davantage. Mais ce n'est pas certain. L'été, on a envie de manger dehors, voir le ciel bleu et la mer. » Il prône une refonte du modèle économique : « Il va falloir repenser notre modèle économique car les choses ne vont pas aller en s'arrangeant de ce côté-là. » Il reste néanmoins prudent : « Espérons que septembre réserve de bonnes surprises. »

La priorité : protéger les salariés

Au-delà des considérations économiques, le président de l'UMIH 83 insiste sur la condition des employés : « En premier lieu, pensons à nos salariés qui souffrent de travailler sous cette chaleur. Sans eux, nous ne sommes pas grand-chose. » Une préoccupation sociale qui s'ajoute à un contexte déjà difficile pour la profession, entre inflation et changement des habitudes de consommation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale