Plusieurs centaines de personnes, selon les organisateurs environ 800, se sont rassemblées ce samedi 11 juillet dans le Pas-de-Calais pour protester contre le chantier du canal Seine-Nord Europe. Les manifestants, venus de toute la région, dénoncent l'impact environnemental de ce projet de grand canal reliant l'Oise au réseau fluvial du nord de l'Europe.
Un projet contesté
Le canal Seine-Nord Europe, long de 107 kilomètres, doit relier Compiègne (Oise) à Aubencheul-au-Bac (Nord). Il est présenté par ses promoteurs comme un maillon essentiel du réseau fluvial européen, permettant de transporter des marchandises par voie d'eau plutôt que par camion, réduisant ainsi les émissions de CO2. Cependant, les opposants pointent du doigt la destruction de zones naturelles et agricoles.
« Ce chantier va détruire des centaines d'hectares de terres agricoles et de zones humides, sans compter les nuisances sonores et la pollution pendant les travaux », a déclaré un porte-parole du collectif d'associations environnementales. Selon lui, le projet bénéficie de subventions publiques massives, alors que des alternatives moins coûteuses et moins destructrices existent.
Une mobilisation régionale
La manifestation, organisée par plusieurs collectifs locaux, a rassemblé des agriculteurs, des riverains et des militants écologistes. Partis de plusieurs points du département, les manifestants ont convergé vers le site du chantier, près de la commune de Bourlon. Certains ont brandi des pancartes « Non au canal béton » ou « Sauvons nos terres ».
« Nous ne sommes pas contre le développement économique, mais il doit se faire dans le respect de l'environnement », a expliqué une agricultrice présente. Elle craint que le canal ne fragmente les terres agricoles et ne perturbe l'irrigation.
Des conséquences économiques et écologiques
Le chantier, dont le coût est estimé à plus de 5 milliards d'euros, est financé par l'État, l'Union européenne et les collectivités locales. Il doit créer plusieurs milliers d'emplois pendant sa construction, mais les opposants estiment que les retombées économiques sont surestimées.
« Nous demandons une évaluation indépendante des impacts environnementaux et une réorientation des fonds vers des solutions de transport plus durables », a ajouté le porte-parole. Les manifestants réclament également une meilleure prise en compte des alternatives ferroviaires.
Selon la préfecture, le rassemblement s'est déroulé sans incident majeur. Une délégation de manifestants a été reçue par les services de l'État pour discuter de leurs revendications. La suite du projet reste incertaine, alors que plusieurs recours juridiques sont en cours.



