Depuis le 22 juin et jusqu'au 31 août, 91 gardes régionaux forestiers arpentent les massifs du Var pour sensibiliser les promeneurs aux risques d'incendie et aux bonnes pratiques en forêt. Ce lundi, rencontre avec Vanina et Titouan sur la presqu'île de Giens, à Hyères.
Une mission de prévention au cœur des massifs
Vanina et Titouan, tous deux âgés de 24 ans et fraîchement diplômés d'un BTS « Gestion et protection de la nature », progressent sur un sentier où l'ombre se fait rare. Leurs polos couleur terre et leurs écussons « Garde régionale forestière » les identifient clairement. « Savez-vous comment savoir si un massif forestier est ouvert avant d'y aller ? », interroge Vanina en anglais à un touriste italien. Elle lui explique les outils à consulter et les bonnes pratiques à adopter en été.
« On leur demande généralement de bien rester sur les sentiers et on intervient si on voit des gens fumer ou faire un barbecue. On sensibilise aussi sur la nécessité d'avoir une tenue adaptée et de l'eau. On voit souvent des randonneurs en sandales et sans sac à dos », expliquent les gardes. « On a toujours un bon accueil, des sourires », apprécie Titouan, originaire de Bourg-Saint-Andéol en Ardèche. « C'est une bonne première expérience qui nous permet, en plus, d'enrichir notre connaissance au contact d'autres acteurs du territoire comme l'ONF ou la police de l'environnement », complète Vanina, habitante de Puget-Ville.
Un dispositif régional renforcé
Dans la région de Toulon, les gardes régionaux forestiers travaillent sous la direction de la Métropole TPM, qui déploie ses propres écogardes. Ils sont affectés aux massifs les plus fréquentés (Faron, Châteauvallon, Gros Cerveau, Ripelle). Lorsque les massifs sont fermés pour risque « très sévère » d'incendie, ils se placent aux entrées et sorties.
Au total, 250 jeunes de 18 à 26 ans ont enfilé l'uniforme de garde régional forestier pour la saison estivale 2026. Dans le Var, ils sont 91 à patrouiller, les massifs les mieux dotés étant la Sainte-Baume (20), les Maures (18) et le Verdon (17). Formés pendant trois jours sur la prévention, la pédagogie et les conflits d'usage, ils complètent les dispositifs de patrouille et de surveillance existants.
Collaboration entre collectivités
À Hyères, les gardes régionaux cohabitent avec les écogardes de la Métropole Toulon Provence Méditerranée et ceux du Parc national de Port-Cros. « Sur la presqu'île de Giens, on peut avoir jusqu'à 45 000 personnes par jour en été. Avec ce dispositif renforcé, on assure une présence de 7h à 18h, dans le massif, près des campings et des parkings », salue Olivier Le Neannec, directeur des espaces naturels de la Métropole TPM. « C'est un bel exemple de collaboration entre collectivités », appuie Grégory Audibert.
Un financement régional conséquent
Les gardes sont financés à 80 % par la Région, le reste à charge incombant aux collectivités territoriales qui les emploient. C'est la septième année que ce dispositif est reconduit, depuis que la Région a déclaré mener « la guerre du feu ». « On a décidé de la lancer l'année qui a suivi le grand incendie de Bormes de 2017 qui avait détruit 1 600 hectares et déplacé 12 000 personnes », rembobine François de Canson, vice-président en charge de la prévention des risques majeurs. « En plus des obligations légales de débroussaillement, on a voulu donner des moyens supplémentaires pour lutter contre les incendies. »
En huit ans, la Région a déboursé 40,1 millions d'euros pour financer l'achat de 122 véhicules pour les Comités communaux feux de forêts (CCFF), réhabiliter le pélicandrome d'Hyères, aménager 1 000 pistes DFCI, et participer au financement des Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). « On a été la première région à les financer et c'est repris ailleurs, c'est une belle avancée », souligne le maire de La Londe.
À leur modeste niveau, les gardes régionaux forestiers sont une partie de la réponse, car eux aussi mènent cette guerre du feu, avant les flammes et avec beaucoup de conviction.



