Landes : une technologie innovante révolutionne la réhabilitation des réseaux d'eaux usées
Landes : une technologie innovante pour les réseaux d'eaux usées

Une première dans les Landes pour les réseaux d'eaux usées

Lundi 23 mars 2026, une opération de réhabilitation d'un poste de relevage sur le réseau d'eaux usées à Saint-Vincent-de-Paul a servi de test pour une nouvelle technologie révolutionnaire. Cette première dans les Landes pourrait bien changer la manière dont sont entretenus les réseaux souterrains, qu'il s'agisse de gaz, d'eau usée ou d'eau potable.

Le défi des infrastructures vieillissantes

Les réseaux souterrains constituent la partie cachée de notre vie quotidienne, mais après plusieurs décennies, ils nécessitent un entretien crucial. Traditionnellement, les travaux de réhabilitation impliquent des tranchées, des déviations et des nuisances sonores importantes pour les riverains. À Saint-Vincent-de-Paul, une opération qui aurait pu durer des semaines a été finalement réalisée en une cinquantaine d'heures seulement.

Cette prouesse technique a été accomplie par le Sydec, avec l'assistance du spécialiste toulousain des travaux publics Valentin. Le secret de cette rapidité ? Une technique innovante appelée chemisage, moins invasive, moins risquée pour les agents intervenant sur le chantier, et surtout, plus économique.

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Le chemisage : une solution technique prometteuse

Éric Balawender, responsable marchés publics et veille technologique du Sydec, explique en détail cette méthode révolutionnaire : « La réhabilitation sans tranchée passe par l'utilisation d'une technique dite de chemisage de canalisation, à la verticale dans ce cas précis. Dans les canalisations d'eaux usées, l'évacuation se fait de façon gravitaire, selon une pente d'un centimètre par mètre. »

Il poursuit : « Les tranchées sont 'blindées' à partir d'1,30 m de profondeur, on est en risque d'ensevelissement pour les travailleurs, et après 1,50 m de profondeur, on paye carrément une plus-value aux entreprises. »

Une opération complexe mais efficace

Le poste de relevage, équipement essentiel qui permet de remonter les eaux à l'aide d'une pompe, subit naturellement l'usure du temps. « Le problème, c'est que les postes de relevage s'usent, avec un phénomène d'oxydation naturelle, et la production d'un gaz H2S, de l'hydrogène sulfuré. Ce gaz est extrêmement corrosif et attaque le béton, qui a une durée de vie de vingt à trente ans », précise Éric Balawender.

Face à cette dégradation, plusieurs solutions étaient possibles :

  • Construire un nouveau poste avec une nouvelle emprise au sol
  • Réhabiliter le poste existant par des méthodes traditionnelles
  • Tester le chemisage innovant

C'est cette dernière option qui a été choisie, malgré le défi technique représenté par le diamètre exceptionnel du tuyau concerné.

Une technologie allemande au service des Landes

Pour cette opération pionnière, des dizaines d'ouvriers et d'agents venus de différentes régions de France se sont rassemblés le 23 mars pour observer la manœuvre. Le fabricant allemand du dispositif était également présent, témoignant de l'importance technologique de cette première.

La chemise installée dans le poste de relevage de Saint-Vincent-de-Paul, fabriquée en fibre, a été gonflée progressivement. Maintenue contre les parois, la gaine enduite de résine a durci sous l'exposition aux UV, un processus similaire à la fabrication d'une planche de surf ou d'une coque de bateau.

Des avantages économiques et environnementaux significatifs

Les bénéfices de cette nouvelle technique sont multiples :

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  1. Réduction des coûts : 45 000 euros contre 60 000 euros pour un nouveau poste
  2. Préservation foncière : évite l'acquisition de nouveaux terrains
  3. Minimisation des nuisances : la grue n'a bloqué la route que quelques heures
  4. Protection environnementale : sauvegarde des terrains riverains et de la nappe phréatique

« L'opération devrait durer quarante-huit heures, et pour la facture, on est à 45 000 euros en effectuant les travaux en régie, contre 60 000 euros pour un nouveau poste, sans compter l'acquisition foncière qui, dans ce cas précis, entre les jardins des riverains, le ruisseau, et la nappe phréatique toute proche, aurait été un vrai casse-tête », conclut Éric Balawender.

Si cette technologie fait ses preuves dans les Landes, elle pourrait bien se généraliser à l'ensemble du territoire national, offrant une solution durable et économique pour l'entretien des réseaux d'eaux usées vieillissants.