L'incinérateur du Born : une usine qui fonctionne 24h/24 pour traiter les déchets landais
Le journal Sud Ouest a visité l'Unité de valorisation énergétique du Sivom du Born, située à Pontenx-les-Forges dans les Landes. Ce site, communément appelé incinérateur, détruit chaque année 41 000 tonnes d'ordures ménagères et de déchets divers, offrant une prise de conscience sur les conséquences de notre société de consommation et les impératifs du tri sélectif.
Un fonctionnement continu pour alimenter la machine
L'usine opère sans interruption, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, y compris la nuit, tandis que les habitants landais qui génèrent ces déchets dorment. Un grappin déverse cinq tonnes par heure d'ordures ménagères, complétées par du tout-venant de déchetteries et des déchets industriels banals. Les déchets proviennent des territoires des Communautés de communes des Grands lacs, de Mimizan, du Pays morcenais et Cœur Haute Lande, ainsi que de zones alentour, y compris côté girondin, pour maximiser la capacité du four.
Actuellement, le tout-venant et le refus de tri du Sictom du Marsan y sont déjà traités. À partir du 1er novembre 2026, toutes les ordures ménagères de ce territoire y seront brûlées, couvrant ainsi les poubelles hors tri d'environ 160 000 Landais, sans oublier les nombreux vacanciers de cette région touristique. Pour gérer l'afflux estival, les tonnes supplémentaires de déchets sont compressées en balles et stockées plusieurs mois avant d'être incinérées, permettant de lisser la production annuelle.
Les défis environnementaux et techniques
Mis en service en 1997 pour un coût initial de 20 millions d'euros, cet équipement représenterait aujourd'hui un investissement de 70 millions d'euros. Il emploie près de 100 personnes, avec 16 employés de Paprec et 85 du Sivom du Born, et est constamment mis aux normes pour répondre aux évolutions réglementaires. Par exemple, de l'urée est injectée dans le four pour réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx).
L'usine rejette 34 000 tonnes de CO2 par an et utilise des filtres à manches pour récupérer les résidus d'épuration des fumées d'incinération des ordures ménagères (refiom). Chaque année, 7 000 tonnes de mâchefer sont évacuées après analyse des métaux lourds, puis réutilisées en sous-couche routière. Les responsables anticipent de futurs coûts supplémentaires pour équiper le site à la détection des Pfas, des substances chimiques persistantes.
La production d'énergie : un atout crucial
L'énergie générée sur site est valorisée de deux manières. D'abord, la fabrication d'électricité atteint 15 gigawatts/heure par an, soit l'équivalent de la consommation d'une ville de 6 500 habitants hors chauffage, grâce à une turbine actionnée par de la vapeur d'eau. Ensuite, après passage dans un hydrocondenseur, l'eau chaude produite alimente une réserve pour chauffer toute l'année 10 hectares de serres de tomates de la société Vermillon, installée à 500 mètres.
Ces valorisations sont déterminantes car elles influencent le calcul de la fiscalité sur les activités polluantes, qui augmente chaque année. Les résidus d'épuration des fumées, après traitement chimique, sont vitrifiés et stockés à Laval, soulignant les efforts pour gérer les déchets toxiques de manière responsable.



