Un programme ambitieux pour protéger les populations des crues de l'Adour
Depuis 2020, un Programme d'actions de prévention des inondations (Papi) fédère vingt-six communes situées le long de l'Adour, de Saubusse à Bégaar, réparties sur quatre intercommunalités. Ce dispositif crucial vise à développer une véritable culture du risque inondation auprès des habitants.
Sensibilisation et diagnostics pour réduire la vulnérabilité
Le Papi a notamment pour mission de communiquer sur les crues, de sensibiliser aux risques et d'informer la population. Cette action passe par l'installation de repères de crue et de panneaux pédagogiques sur l'ensemble du territoire concerné. Parallèlement, le dispositif Mirapi (Mieux reconstruire après inondation), lancé il y a trois ans, propose aux habitants volontaires des diagnostics immobiliers gratuits.
Ces évaluations techniques, réalisées par des bureaux d'études, analysent l'adaptabilité des biens aux risques d'inondation et proposent des solutions pour réduire leur vulnérabilité face aux crues. La collectivité prend en charge une partie du coût des travaux correctifs identifiés, soulageant ainsi financièrement les propriétaires.
Le cœur du projet : le renforcement du système d'endiguement
Pour Laurent Victorin, directeur général des services techniques du Grand Dax, et Philippe Castel, maire de Gourbera et vice-président en charge de l'aménagement de l'eau, l'axe prioritaire reste les travaux de confortement et de renforcement des digues. Près de treize kilomètres d'ouvrages ont été classés à Dax et à Saint-Paul-lès-Dax, avec un objectif clair : protéger environ quinze mille personnes résidant dans ces zones à risque.
Le processus a débuté par une étude de danger visant à définir la zone d'expansion des crues et à localiser précisément les habitations exposées. Cette analyse a également permis de déterminer la cote de référence de l'Adour, garantissant la protection de la population, qui sert de base à tous les travaux de renforcement. Cette référence correspond à la crue décennale de 1952, mesurée à 6,14 mètres à l'échelle du Vieux-Pont.
La complexité du classement et les travaux en cours
Le classement du système d'endiguement représente une étape technique majeure. Tous les ouvrages bordant l'Adour – remblais ferroviaires ou routiers, digues en terre, murs d'hôtels – ne sont pas classés. Sans ce statut, la collectivité n'a aucune obligation de résultat ni de niveau de protection. Le Papi a donc classé treize kilomètres de digues entre Dax et Saint-Paul-lès-Dax, imposant des contraintes techniques complexes mais offrant une sécurité accrue.
Les zones agricoles, moins habitées et présentant des enjeux de protection moindres, n'ont pas été retenues pour des travaux de restauration, évitant ainsi des coûts disproportionnés. Actuellement, les équipes achèvent la consolidation et l'élévation des digues de la rive droite. Des investissements significatifs ont été réalisés pour remplacer les anciens madriers de bois par des batardeaux industrialisés avec des glissières en aluminium, assurant une bien meilleure étanchéité.
Un calendrier de travaux étalé jusqu'en 2030
La moitié des travaux reste à réaliser. Après la finalisation de la rive droite, notamment entre le Pont-Neuf et la rue Edmond-Rostand au Sablar, des chantiers lourds débuteront cet été sur la rive gauche. Ces interventions, d'une durée de cinq mois et d'un coût de 1,7 million d'euros, concerneront notamment le secteur des Baignots, avec des travaux de terrassement, d'étanchéification et de renforcement des fondations de l'ancien hôtel.
D'ici à 2027, des travaux concertés avec les propriétaires seront engagés sur des bâtiments emblématiques comme le Splendid, le Miradour, l'Ibis Styles ou le casino. Des calculs géotechniques préalables ont révélé que, sans intervention, des infiltrations d'eau sous les fondations pourraient survenir, comme lors de l'épisode de 2014. L'objectif est d'achever l'ensemble des travaux sur la rive gauche avant 2030.
Un financement multi-sources pour un investissement vital
Le classement des digues implique des obligations de résultat et de normes de protection strictes. En contrepartie, le fonds Barnier finance 50 % des études et 40 % des travaux. Le Grand Dax a également bénéficié de 500 000 euros du Fonds vert. Le reste du financement est assuré par la taxe Gemapi, instaurée sur l'agglomération, qui s'élève à 25 euros par habitant et génère environ 1,5 million d'euros par an.
L'Agglomération du Grand Dax consacre ainsi plus de dix millions d'euros à ces travaux liés au Papi, faisant de cet item son premier poste d'investissement. Alors que le Papi actuel s'achèvera en 2029, les élus planchent déjà sur un Papi 2. Ce futur programme prévoit des actions substantielles, comme la surélévation de certaines digues existantes ou la création de nouveaux ouvrages, notamment à l'arrière de l'hôpital, pour pérenniser la protection des populations contre les caprices de l'Adour.



