Nappes phréatiques de la Cèze : niveau élevé mais vigilance maintenue pour l'été
Cèze : niveau des eaux souterraines élevé mais fragile

Surveillance accrue des ressources en eau dans le bassin de la Cèze

Le syndicat mixte AB Cèze, chargé de coordonner la gestion de la ressource en eau à l'échelle du bassin-versant de la Cèze, maintient une vigilance particulière sur l'évolution des niveaux des eaux souterraines. Grâce à un réseau de cinq forages installés le long de la rivière, entre Saint-André-de-Cruzières et la vallée du Rhône, les techniciens peuvent mesurer en temps réel l'état des réserves aquifères.

Une situation actuelle favorable mais précaire

Hugues Brentegani, chargé de mission au sein du syndicat, souligne que "en ce moment, le niveau des eaux souterraines est très haut, c'est rare à cette époque de l'année". Cette situation exceptionnelle fait suite à de nombreux jours de pluie qui ont rechargé les réserves. Cependant, le technicien nuance immédiatement cet optimisme apparent : "S'il ne pleut pas pendant trois mois ou qu'il y a une canicule, ça peut baisser rapidement, comme cela s'est passé l'an dernier".

La particularité géologique du bassin de la Cèze explique en partie cette fragilité. Contrairement aux grandes nappes phréatiques bordant le Rhône, cette zone se caractérise par :

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  • Des formations calcaires importantes
  • Des ruissellements souterrains complexes
  • Des secteurs d'infiltration capables de constituer des stocks d'eau

Des mesures de surveillance renforcées

Les cinq forages installés le long de la Cèze permettent des mesures précises du niveau des eaux souterraines. Ces données, collectées en collaboration avec le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et l'Agence de l'eau, fournissent des indications cruciales pour anticiper les évolutions. "Ces mesures sont différentes selon les forages, ça donne des indications", précise Hugues Brentegani.

Le début d'année 2026 contraste fortement avec la situation observée fin 2023. À cette période, "les forages montraient un niveau très très bas, c'était en rouge comme dans les Pyrénées-Orientales". Un épisode pluvieux dramatique en mars 2024 avait ensuite provoqué une crue printanière majeure, rappelant la variabilité extrême des conditions hydrologiques dans cette région.

Un plan d'action pour économiser la ressource

Les missions du syndicat AB Cèze s'articulent autour de plusieurs axes prioritaires :

  1. Contrôle régulier des niveaux d'eau
  2. Définition de plans d'action avec tous les usagers (particuliers, entreprises, agriculteurs)
  3. Mise en œuvre de mesures d'économie d'eau

Ces actions, inscrites au PRGE (Plan de gestion de la ressource en eau) depuis six ans, font actuellement l'objet d'une évaluation approfondie. "Il y a eu des économies sur l'eau potable, le prélèvement par les entreprises a baissé", constate le chargé de mission.

Le secteur agricole représente cependant un défi particulier. "Les bases de données ne sont pas assez précises et renseignées", reconnaît Hugues Brentegani. Le syndicat travaille en étroite collaboration avec la chambre d'agriculture pour accompagner les exploitants vers des pratiques plus économes en eau, notamment par :

  • L'incitation à développer de nouvelles cultures moins gourmandes en eau
  • L'installation de sondes pour un suivi précis de l'irrigation
  • La promotion de techniques agricoles adaptées au contexte hydrologique local

Malgré ces efforts, le technicien reste réaliste : "On a une forte baisse. Mais, même en mettant beaucoup d'actions en route, ça va être difficile". La vigilance reste donc de mise pour préserver cette ressource vitale qu'est l'eau dans le bassin de la Cèze.

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