Une vaste opération de dépollution des fonds marins est en cours au port Vauban d'Antibes, une première depuis vingt ans. En quinze jours, environ quinze tonnes d'épaves de bateaux ont déjà été remontées à la surface, grâce à des moyens humains et matériels exceptionnels.
Des moyens techniques déployés à la hauteur de l'enjeu
Une plateforme flottante de 26 mètres sur 10, accompagnée d'une grue de levage, occupe une partie du plan d'eau au large du Fort Carré. Des équipes spécialisées coordonnent les opérations avec précaution. « C'est notre plongeuse en scaphandre qui guide la manœuvre. Elle arrime l'épave et l'accompagne. Elle est connectée au grutier par télécommunication et fait des signes pour confirmer ses ordres », explique Yann Gaucher, président de la société YDGS company, chargée de l'opération.
Remontée spectaculaire de deux moteurs
Un moment fort de l'opération a été la remontée de deux imposants moteurs provenant d'un bateau de 15 à 18 mètres. Guidés depuis les profondeurs, les éléments ont été hissés à la surface sous le regard des équipes techniques. « Nous devons être vigilants et précis. Anticiper aussi le passage d'un bateau qui pourrait faire des vagues et perturber le travail », ajoute Yann Gaucher.
Un programme européen pour l'excellence environnementale
Cette opération s'inscrit dans le cadre du projet européen Cleanporti, qui vise à renforcer l'excellence environnementale des ports de plaisance de Méditerranée. « Cette dépollution fait partie des actions majeures du programme », indique Charlotte Bodart, responsable qualité environnement pour la CCI et maître d'ouvrage de l'opération. Une fois remontés, les déchets sont triés et orientés vers les filières de traitement appropriées.
Destruction d'une plateforme en béton et renaturation
L'opération se poursuivra jusqu'à la fin de la semaine et sera complétée par la destruction d'une plateforme en béton située dans l'avant-port, ainsi que par la renaturation du secteur. Chaque année, un secteur du port fait l'objet d'un nettoyage de microdéchets avec des plongeurs, qui remontent des trottinettes, des chaises ou des bouteilles en verre.
Un cimetière de bateaux pas totalement nettoyé
La démarche est vertueuse, mais elle ne permettra pas d'enlever la totalité des épaves. Pendant des décennies, l'avant-port a servi de cimetière à bateaux. L'opération menée il y a vingt ans n'avait pas permis de tout retirer.



