La vague de chaleur qui a débuté le 28 juillet 2026 en France a égalé, ce jeudi 20 août, le record de durée des épisodes caniculaires, à égalité avec celui de l'été 1983. Selon Météo-France, l'institution météorologique nationale, cet épisode est désormais le plus long jamais enregistré ex æquo, avec 18 jours consécutifs de températures anormalement élevées.
Un record établi sur 18 jours
Météo-France précise que la vague de chaleur actuelle a commencé le 28 juillet 2026. Elle atteint ce jeudi 20 août son 18e jour, soit la même durée que la canicule historique de 1983. L'organisme souligne que ce record est provisoire, car l'épisode n'est pas encore terminé. Les prévisions indiquent que les températures devraient rester élevées au moins jusqu'à la fin de la semaine, ce qui pourrait porter la durée totale à plus de 20 jours.
L'été 1983 reste dans les mémoires pour sa canicule qui avait duré du 8 au 25 juillet, soit 18 jours. À l'époque, 47 départements avaient été placés en vigilance orange canicule. En 2026, le nombre de départements concernés est plus important, avec 63 départements en vigilance orange et 5 en vigilance rouge, selon les données de Météo-France.
Des températures extrêmes et des nuits tropicales
Les températures maximales ont dépassé les 40 °C dans plusieurs régions, notamment dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Le 12 août, un pic à 42,5 °C a été enregistré à Montélimar (Drôme), selon Météo-France. Les nuits sont également très chaudes, avec des minimales souvent supérieures à 22 °C, ce qui caractérise des nuits dites tropicales. À Paris, la température nocturne n'est pas descendue en dessous de 24 °C pendant plusieurs nuits consécutives.
L'organisme météorologique note que cette vague de chaleur est exceptionnelle par sa durée et son intensité. Les records de températures minimales élevées ont été battus dans plusieurs stations, comme à Bordeaux où la température nocturne n'est pas descendue en dessous de 25,2 °C le 14 août, un record pour la ville.
Impact sur la santé et les infrastructures
Les autorités sanitaires ont recensé un nombre accru d'interventions pour des coups de chaleur et des déshydratations. Selon le ministère de la Santé, les passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur ont augmenté de 40 % par rapport à la moyenne estivale. Les personnes âgées et les nourrissons sont particulièrement vulnérables.
Les infrastructures électriques ont été mises sous tension. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, RTE, a signalé une consommation record d'électricité pour la climatisation, atteignant 8 200 MW le 15 août. Aucune coupure n'a été signalée, mais RTE a appelé à la vigilance.
Les transports ont également subi des perturbations. La SNCF a réduit la vitesse de certains trains sur les lignes à grande vitesse pour éviter les déformations des rails, entraînant des retards de 15 à 30 minutes. Les routes ont vu une augmentation des incidents liés à la chaleur, notamment des éclatements de pneumatiques.
Un phénomène attribué au changement climatique
Météo-France rappelle que les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses en raison du changement climatique. Selon l'organisme, la probabilité qu'un tel épisode se produise a été multipliée par 5 par rapport à la période préindustrielle. La canicule de 2026 s'inscrit dans une tendance observée depuis les années 2000, avec des étés de plus en plus chauds.
Les scientifiques du CNRS et de Météo-France travaillent actuellement sur une attribution rapide de cet événement climatique, afin de quantifier précisément l'influence du réchauffement climatique d'origine humaine. Les résultats préliminaires devraient être publiés dans les prochaines semaines.
La fin de la vague de chaleur est attendue pour le début de la semaine prochaine, avec l'arrivée d'une perturbation atlantique qui pourrait apporter des orages et une baisse des températures. Cependant, Météo-France prévient que les températures resteront au-dessus des normales saisonnières pour la fin août.



