Après avoir subi trois canicules successives en l'espace de deux mois, les Français sont sidérés et de plus en plus inquiets pour l'avenir. Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour le compte de l'ONG Greenpeace, 78 % des personnes interrogées estiment que les épisodes de chaleur extrême vont s'aggraver dans les années à venir. « L'année prochaine, ça va être pire. Comment on va faire ? », s'interroge une habitante de Lyon, âgée de 45 ans, citée dans l'étude.
Un été record marqué par trois canicules
L'été 2026 restera dans les annales avec trois vagues de chaleur distinctes : la première fin juin, la seconde mi-juillet et la troisième début août. Météo-France a enregistré des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions, notamment dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Le record absolu de chaleur a été battu à Toulouse, avec 42,8 °C le 18 juillet, selon les données de l'agence météorologique.
Ces canicules ont eu des conséquences dramatiques : plus de 1 500 décès supplémentaires ont été recensés par Santé publique France, principalement chez les personnes âgées et les plus vulnérables. Les hôpitaux ont été saturés, et les services d'urgence ont dû faire face à un afflux de patients souffrant de déshydratation et de coups de chaleur.
Une inquiétude croissante face au changement climatique
Le sondage Ifop révèle que 65 % des Français se disent « très inquiets » des conséquences du changement climatique sur leur quotidien, contre 52 % en 2025. « Les gens prennent conscience que ces événements ne sont plus exceptionnels, mais deviennent la norme », analyse Jean-Michel, climatologue au CNRS. « La répétition des canicules en un seul été a un effet psychologique fort. »
Les plus jeunes sont particulièrement touchés : 82 % des 18-24 ans estiment que leur qualité de vie va se dégrader à cause du climat. « On a l'impression que le futur est déjà fichu », confie une étudiante parisienne de 22 ans.
Des mesures d'adaptation insuffisantes
Face à ces épisodes, les pouvoirs publics ont activé le plan canicule, mais les mesures sont jugées insuffisantes par 71 % des sondés. Les critiques portent notamment sur le manque de logements adaptés, d'espaces verts dans les villes et de transports climatisés. « On a des consignes de rester chez soi, mais quand on a 45 degrés dans un appartement mal isolé, c'est invivable », dénonce une habitante de Marseille.
Les associations appellent à des investissements massifs dans la rénovation thermique des bâtiments et la végétalisation des zones urbaines. « Il faut anticiper, pas seulement réagir », insiste la porte-parole de Greenpeace France.
Vers un été 2027 encore plus chaud ?
Les prévisions de Météo-France pour l'été 2027 ne sont pas rassurantes : les modèles climatiques indiquent une probabilité de 60 % que les températures soient à nouveau supérieures aux normales de saison. « Le réchauffement s'accélère, et nous devons nous préparer à des étés de plus en plus chauds », avertit un météorologue.
Face à cette perspective, les Français cherchent des solutions individuelles : installation de climatiseurs, stores, ventilation. Mais pour beaucoup, le sentiment d'impuissance domine. « On fait ce qu'on peut, mais c'est une goutte d'eau », conclut un père de famille de Bordeaux.



