Climat : le Giec divisé sur le calendrier de son prochain rapport d'évaluation
La réunion du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) à Bangkok s'est achevée vendredi dans un climat de tensions entre les pays membres. Les désaccords portent principalement sur la date de publication du prochain grand rapport scientifique de l'organisation, qui sert de référence mondiale pour la science climatique.
Un consensus difficile à atteindre
Jim Skea, le président du Giec, a reconnu les divisions lors de la clôture de la session de travail. « Au Giec nous faisons de notre mieux pour atteindre le consensus. Parfois, malgré nos meilleurs efforts, nous avançons dans des directions légèrement différentes », a-t-il déclaré dans un communiqué de l'organisation. Cependant, il a assuré que « l'esprit de compromis et de flexibilité propre au Giec s'est finalement manifesté ».
Un sujet litigieux ajouté à l'ordre du jour
Initialement prévue comme une réunion technique, cette session qui a rassemblé scientifiques et représentants gouvernementaux du mardi au vendredi a vu s'ajouter un point controversé. À la demande de l'Arabie saoudite et de l'Inde, la question du calendrier a été inscrite à l'ordre du jour, risquant selon des sources diplomatiques de bloquer les travaux du groupe.
Deux visions s'opposent
Les pays sont profondément divisés sur ce calendrier :
- Certains pays souhaitent une publication d'ici 2028 pour informer la COP33, qui se tiendra probablement en Inde et produira le crucial deuxième bilan mondial des efforts climatiques depuis l'accord de Paris. Leur objectif : fournir aux décideurs politiques les meilleures informations scientifiques pour prendre des mesures ambitieuses.
- D'autres pays comme l'Inde, l'Arabie saoudite ou la Chine préfèrent une publication en 2029, arguant du besoin de temps pour intégrer de nouvelles données scientifiques et les travaux de chercheurs issus de pays en développement.
Des inquiétudes pour la COP33
Un diplomate s'inquiète que ce décalage entre cycles scientifique et politique empêche la COP33, « un moment important pour le climat », de « disposer des dernières recommandations de la science ». Une source gouvernementale d'un pays développé déplorait déjà en décembre que « certains des arguments sont de toute évidence des arguties ».
Vers une décision reportée
Pour clore ces disputes, le Giec a indiqué dans son communiqué que « les gouvernements membres ont clairement indiqué qu'ils souhaitaient que le calendrier soit arrêté lors de la prochaine session », dont les dates restent à annoncer. Cette décision reportée laisse en suspens la question cruciale du timing du prochain rapport d'évaluation, qui influence directement l'ambition des politiques climatiques mondiales.



