Sécheresse à Tourrettes-sur-Loup : le maire verbalise et appelle à la raison
Sécheresse à Tourrettes : le maire verbalise et appelle à la raison

À Tourrettes-sur-Loup, dans les Alpes-Maritimes, deux propriétaires ont vidé en quelques heures 80 % du bassin du Thoronet, qui alimente une cinquantaine d'habitations sur les routes des Costes et des Baous. Le maire, Frédéric Poma, a haussé le ton : il a fait verbaliser le jardinier de l'une des propriétés et appelle tous les riverains à réduire immédiatement leur consommation, sous peine d'une interruption de l'alimentation en eau.

Un bassin vidé en quelques heures

Le 7 août, le prestataire de la commune a alerté la mairie d'une consommation d'eau hors-norme, grâce aux compteurs connectés installés il y a trois ans après une précédente sécheresse. Deux propriétaires ont été identifiés : à eux deux, ils ont « quasiment vidé les 80 % du bassin en quelques heures », selon le maire. Le bassin du Thoronet, d'une capacité de 150 m³, dessert la route des Costes et le chemin des Baous.

Après le passage de Suez, la police municipale s'est rendue sur place. Le maire raconte : « Je suis pour la pédagogie, mais une première fois, le matin, le jardinier était en train d'arroser. On lui a dit d'arrêter. On est repassé l'après-midi, il arrosait encore. Là il n'y avait plus à discuter. » La Ville a donc verbalisé le jardinier. « Ce qui est intéressant c'est qu'on a verbalisé le jardinier. Les professionnels sont considérés comme des sachants. Donc je peux les verbaliser eux aussi », explique Frédéric Poma. L'amende peut atteindre 1 500 euros, et 3 000 euros en cas de récidive.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des restrictions immédiates et un risque de coupure

La mairie demande à tous les riverains de réduire immédiatement leur consommation, en particulier pour le remplissage et l'entretien des piscines, les systèmes d'arrosage automatiques et tous les usages non essentiels. « À défaut d'une baisse rapide de la consommation, le risque d'une interruption de l'alimentation en eau de l'ensemble du quartier est désormais réel et imminent », prévient la municipalité.

Certains habitants, comme Philippe, riverain de la route des Costes, disent déjà faire attention : « On a décidé de ne plus arroser notre jardin, juste un peu notre potager. » D'autres, comme Nathalie, qui flâne avec sa fille, sont plus critiques : « On doit faire attention pour les choses pas vitales, d'accord, mais les pouvoirs publics doivent aussi s'assurer que l'on ne manque pas d'eau, on paie pour ça. » Elle reconnaît avoir une piscine et être « bien obligée d'ajouter de l'eau, ça s'évapore et il peut y avoir des algues ».

Un pic attendu le 15 août

Frédéric Poma redoute les jours à venir : « Du 1er juillet au 31 août, on passe de 4 500 habitants à 13 000, puisque vous avez une résidence sur trois qui est secondaire. On sait que là on a deux mois de pics en tout genre : l'eau, l'électricité, le stationnement, les poubelles. Et qu'il faut être prudent. Et le 15 août c'est vraiment le summum. Il faut passer ce cap. » Il déplore : « Voilà comment deux propriétaires peuvent mettre à mal les 50 autres. »

Le maire en appelle à la responsabilité de tous : « La commune, elle a de très belles maisons qui valent plusieurs millions d'euros et forcément vous avez des jardins magnifiques. Mais aujourd'hui la beauté, elle passera aussi par de l'herbe jaune. C'est ainsi. »

Adapter l'urbanisme et les piscines

Face à ces défis, la commune réfléchit à son avenir. « On est actuellement en écriture de la partie réglementaire du Plan local d'urbanisme », indique le maire. Une question cruciale se pose : « Est-ce que déjà on va pouvoir avoir d'autres constructions, sachant qu'on arrive à la limite de la capacité de la distribution en eau ? Parce que ça aussi c'est important, quand vous étendez le nombre de consommateurs, ça devient compliqué. » Le deuxième bassin dispose de 1 500 m³ et la commune s'étend sur 30 km².

La deuxième réflexion portera sur les piscines. Il ne s'agit pas de les interdire, mais de limiter leur cubage. « Pourquoi ne pas limiter leur cubage ? Il y a quelques mois, en commission d'urbanisme, on a eu quelqu'un qui voulait transformer sa piscine et l'agrandir. Il avait déjà une très belle piscine. On a dit non », conclut Frédéric Poma.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale