Confrontées à une sécheresse persistante, 21 communes d'Occitanie ont dû recourir à des camions-citernes pour assurer leur approvisionnement en eau potable, selon les données du ministère de la Transition écologique arrêtées au 21 août 2026. Dans le Gard, l'Aude, l'Hérault et l'Aveyron, les difficultés se multiplient, contraignant les autorités à organiser des livraisons d'eau régulières.
Un mécanisme bien rodé face aux pénuries
Le déclenchement de ces opérations peut résulter de causes variées : une pompe qui disjoncte, un réservoir qui se vide plus vite qu'il ne se remplit, une fuite ou encore une source dont le débit devient insuffisant. À Saint-Étienne-d'Albagnan (Hérault), la pompe du forage ne parvient plus à atteindre les 220 mètres de profondeur nécessaires. « Elle disjoncte quand elle ne peut plus tirer d'eau », explique le maire Stéphan Azéma. Depuis trois semaines, le département livre environ une fois par semaine de l'eau sur ce secteur.
Dans l'Aveyron, la communauté de communes Aubrac Carladez Viadène coordonne l'approvisionnement de plusieurs villages. Le débit du cours d'eau Siniq, dont dépendent ces communes, sert de signal d'alarme. « Dès qu'on est à 120 litres par seconde, une cellule de crise est déclenchée, avec l'État, la communauté de communes et l'ARS », précise son président Jean Valadier. Un arrêté préfectoral acte ensuite le dispositif, et des entreprises privées assurent le transport de l'eau depuis la source de Laguiole jusqu'à l'usine de production gérée par Veolia à Thérondels.
Des causes parfois très locales
Si la sécheresse aggrave la situation, des problèmes techniques locaux peuvent aussi être à l'origine des difficultés. À Pradelles-Cabardès (Aude), trois fuites récentes ont obligé la commune à faire remplir son réservoir par des camions. À Avène (Hérault), un problème de tuyauterie a provoqué une baisse du débit sur le secteur de Saint-Barthélemy, nécessitant des apports d'eau.
Les niveaux d'alerte sécheresse (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) permettent aux préfets de restreindre progressivement les usages de l'eau. Mais ces exemples montrent qu'une difficulté d'approvisionnement peut aussi être liée à une panne, une fuite ou un captage insuffisant, indépendamment du contexte climatique.
Des investissements pour l'avenir
Les élus locaux considèrent le camion-citerne comme un palliatif. Des projets d'adaptation sont en cours : à Avène, un nouveau forage doit sécuriser le secteur des Planes ; à Saint-Étienne-d'Albagnan, la pompe doit être remplacée ; dans l'Aveyron, un projet d'approvisionnement depuis le barrage de Sarrans est envisagé à l'horizon 2029.
Depuis le début de la saison, 257 trajets ont été nécessaires pour acheminer 7 714 m³ d'eau vers Thérondels, Mur-de-Barrez, Murols, Brommat, Taussac, Saint-Hippolyte et Lacroix-Barrez. Christophe Boisson, maire de Saint-André-de-Majencoules (Gard), souligne aussi la nécessité d'un meilleur civisme : « Il y a des imbéciles qui arrosent leurs pelouses alors que des arrêtés préfectoraux et municipaux le leur interdisent », regrette-t-il. Il a dû procéder à plusieurs coupures d'eau nocturnes dans certains secteurs, les réserves pour les incendies n'étant plus assurées. L'adaptation au changement climatique passe donc par une prise de conscience collective de la nécessité de partager cette ressource commune.



