« De nouveaux records vont tomber », s'étrangle le présentateur météo devant une carte de France rouge vif. Les mots sont plus malicieux qu'on ne le croit. Au fil du temps, vous en apprivoisez certains, vous pensez connaître leur signification et... paf ! En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, leur sens a muté.
Le mot « chaud » a changé de sens
Prenez l'adjectif « chaud ». Il a longtemps caractérisé « une température plus élevée que celle du corps » (cf Le Petit Robert). C'était clair, net, précis. Plus neutre que le pH de la plus ordinaire des piscines. Puis les choses se sont compliquées. Une nuit « chaude » s'est mise à désigner aussi bien une recrudescence de faits divers nocturnes que des galipettes sous la Lune – une pratique censée faire grimper le mercure sans impacter la couche d'ozone.
Une carte de France rouge vif
Aujourd'hui, alors que la température augmente plus vite que le nombre de prétendants à l'Élysée, chaque degré supplémentaire est accueilli avec une emphase mêlée de terreur. « De nouveaux records vont tomber », s'étrangle le présentateur météo devant une carte de France rouge vif, avant de conseiller de « bien s'hydrater ». Les mots – toujours eux – mériteraient d'être plus affûtés pour décrire ces maux.
La canicule n'est que la partie émergée de l'iceberg
La canicule n'est, si l'on ose dire, que la partie émergée de l'iceberg. Le dérèglement climatique entraîne une hausse du niveau des mers, une fonte des glaces, une multiplication et une intensification des événements extrêmes. Toutes choses qui hypothèquent notre avenir et celui de nos enfants. On ne règlera pas ces problèmes en restant à l'ombre et en buvant frais. Il importe de le répéter... même si cela jette un froid.



