La chaleur accablante et les incendies pourraient-ils influencer les choix des électeurs de 2027 ? Ce serait une bonne nouvelle !
Un été de lucidité climatique
Avec ses canicules à répétition, sa multitude d’arrêtés de restriction d’eau, ses centaines de pompiers mobilisés contre les flammes, l’été est devenu la saison de la lucidité climatique. « Si la présidentielle se tenait l’été, les écolos seraient déjà au pouvoir », blague-t-on chez les initiés. Invité sur un plateau télé, alors que le pays était plongé dans des chaleurs record, le chercheur en science politique Théodore Tallent s’est saisi de l’idée, comme d’une boutade. Organiser les élections après une canicule forcerait les candidats à se positionner et placerait – enfin – le climat en enjeu central de la campagne.
Un constat médiatique alarmant
« La crise climatique ne fait les gros titres que par pics, par crises. Cela remobilise ponctuellement, mais nourrit l’indifférence le reste du temps », constate-t-il. Constat confirmé par l’association QuotaClimat, qui note que les enjeux environnementaux occupent en moyenne 5,1 % du temps d’antenne (depuis janvier 2025).
Un hiatus révélateur
Aussi irréaliste soit-elle, l’idée de bouleverser le calendrier électoral vient mettre en lumière un hiatus : alors que l’immense majorité du pays a la sensation de cuire à petit feu, que les façades des immeubles sont désormais parsemées de couvertures de survie, que les écoliers sont priés de ne pas sortir aux heures les plus chaudes, le débat politique reste largement sourd à l’urgence climatique. Les candidats peinent à proposer des mesures concrètes, et le sujet reste cantonné aux marges de la campagne.
Un impact potentiel sur les urnes
Selon un sondage récent, 68 % des Français estiment que le gouvernement n’en fait pas assez pour lutter contre le réchauffement climatique. Si la présidentielle se déroulait en plein été, il est probable que les électeurs sanctionneraient cette inaction. Les partis écologistes, qui peinent à dépasser les 10 % d’intentions de vote en temps normal, pourraient voir leur score bondir. « Les gens votent avec leurs émotions, et la peur de la canicule est une émotion puissante », analyse un politologue.
Une proposition provocatrice mais sérieuse
Théodore Tallent propose donc, sur le ton de l’humour, de décaler la présidentielle de mai à septembre. Une idée qui, si elle est irréaliste sur le plan pratique, a le mérite de poser la question de la place du climat dans le débat démocratique. « Nous ne pouvons pas continuer à faire comme si de rien n’était, alors que chaque été bat des records de température », conclut-il.



