Le documentaire « Mongolie, les nomades des sommets », diffusé ce vendredi 7 août à 21h sur France 5, met en lumière le mode de vie ancestral des nomades kazakhs de l'Altaï, aujourd'hui menacé par le réchauffement climatique et la pression économique mondiale. Réalisé par Philippe Lafaix et Marc Thomas, ce film de 52 minutes suit la transhumance d'une famille kazakhe à travers les montagnes mongoles, offrant un témoignage poignant sur la résilience de ces peuples face à un environnement en mutation.
Une transhumance périlleuse dans l'Altaï
Chaque année, Bazarbay, chef de clan, mène sa famille et près de 200 animaux – chèvres, chevaux, vaches et chameaux – sur un parcours de 120 kilomètres en quatre jours. Les températures peuvent chuter jusqu'à – 34 °C, et la caravane doit braver tempêtes et neiges épaisses. Les chameaux, capables de transporter jusqu'à 300 kilos de marchandises chacun, sont essentiels à cette migration saisonnière vers le camp d'été.
Avant le départ, un moment émouvant : Bazarbay a dû vendre le cheval de son fils Daryn, âgé de seulement 7 ans. Pour consoler l'enfant et lui apprendre la responsabilité, il lui confie la surveillance d'un petit veau. Une manière de préparer Daryn à son futur rôle de chef de communauté, en lui transmettant les traditions kazakhes, notamment la chasse à l'aigle, pratiquée depuis des millénaires.
Les signes de la nature et l'harmonie ancestrale
Le père enseigne à son fils à lire les signes de la nature et à vivre en harmonie avec elle, une philosophie profonde qui guide ce peuple depuis des générations. « Depuis la nuit des temps, la nature a toujours été notre alliée, déclare Bazarbay. Mais si personne ne prend conscience qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, elle risque de devenir notre pire ennemie. »
Cette harmonie est pourtant mise à mal par des facteurs externes. La Mongolie, deuxième pays le moins densément peuplé au monde avec seulement deux habitants au kilomètre carré, subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Le territoire se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale, entraînant des phénomènes météorologiques extrêmes.
Le cachemire, une menace pour les prairies
Outre le climat, l'explosion de la demande mondiale en cachemire, tirée par l'industrie du prêt-à-porter, a provoqué une augmentation significative de la taille des troupeaux de chèvres. Cette surcharge entraîne un surpâturage et l'épuisement des prairies, fragilisant encore davantage un écosystème déjà vulnérable. Les animaux sont de plus en plus maigres, faute de nourriture suffisante.
Le phénomène du dzud, une couche de glace qui recouvre les pâturages et empêche les animaux de brouter, s'est aggravé avec le réchauffement. En 2024, le dzud a causé la mort de 7 millions d'animaux en Mongolie, dont une trentaine de bêtes appartenant au cheptel de Bazarbay. Une perte considérable pour une famille qui dépend entièrement de ses animaux pour survivre.
Un avenir incertain pour les nomades
Arrivés à bon port, le clan retrouve sa yourte pour six mois avant de reprendre la route. Mais ce mode de vie, qui a perduré pendant des siècles, est aujourd'hui en sursis. Les nomades kazakhs de l'Altaï doivent s'adapter à des conditions de plus en plus difficiles, tout en préservant leurs traditions face à la modernité et aux pressions économiques.
Le documentaire « Mongolie, les nomades des sommets » est à découvrir ce soir à 21h sur France 5, dans le cadre de la collection « Les Routes de l'impossible ». Il est également disponible en replay sur france.tv. Une œuvre nécessaire pour comprendre les défis auxquels sont confrontés ces peuples, derniers gardiens d'une harmonie avec la nature de plus en plus fragile.



