L'Europe occidentale a connu en juin 2026 le mois de juin le plus chaud de son histoire, selon les données publiées par l'institut européen Copernicus. Les températures moyennes ont dépassé de 2,5 degrés Celsius la normale saisonnière de référence, battant le précédent record établi en juin 2019.
Des anomalies thermiques exceptionnelles
Selon Copernicus, l'anomalie de température a été particulièrement marquée dans une large bande allant de la péninsule Ibérique à l'Europe centrale. En France, la température moyenne a été supérieure de 3,2°C à la moyenne 1991-2020, ce qui en fait le mois de juin le plus chaud depuis le début des relevés en 1900. L'Espagne et le Portugal ont également enregistré des écarts records, avec des températures localement supérieures de 5°C à la normale.
“Ce mois de juin 2026 s'inscrit dans une tendance de long terme au réchauffement, avec des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses”, a déclaré Carlo Buontempo, directeur du service climatologique de Copernicus. “Les émissions de gaz à effet de serre restent le principal moteur de cette évolution.”
Des conséquences multiples
Cette vague de chaleur précoce a eu des impacts significatifs sur l'agriculture, la santé et les ressources en eau. En France, le ministère de l'Agriculture a signalé des pertes de récoltes importantes, notamment pour les céréales et les fruits. Les hôpitaux ont enregistré une hausse des admissions pour coups de chaleur, en particulier chez les personnes âgées. Plusieurs régions ont imposé des restrictions d'eau, comme en Occitanie où le niveau des nappes phréatiques a chuté de 30 % par rapport à la moyenne saisonnière.
Les incendies de forêt ont également été précoces : en Espagne, près de 15 000 hectares sont partis en fumée en juin, soit le double de la moyenne décennale. Le Portugal a déploré deux décès liés aux feux.
Un phénomène amplifié par le changement climatique
Les scientifiques soulignent que de tels épisodes de chaleur extrême deviennent plus probables avec le réchauffement global. Selon une analyse rapide d'attribution réalisée par le réseau World Weather Attribution, le changement climatique d'origine humaine a multiplié par au moins cinq la probabilité d'un mois de juin aussi chaud en Europe occidentale. “Sans réduction drastique des émissions, ces records tomberont régulièrement”, a averti Friederike Otto, climatologue à l'Imperial College de Londres.
Copernicus rappelle que 2025 avait déjà été l'année la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, et que 2026 pourrait de nouveau battre ce record si la tendance se poursuit.



