L'emblématique maison Morelli, spécialisée dans les vêtements de marque anglaise, a quitté la place du Pin pour s'installer au 4, rue Ségurane, près du port de Nice. Marine Morelli, petite-fille du fondateur, perpétue l'aventure familiale avec la même passion.
Des origines siciliennes à la place du Pin
Emile Morelli arrive de Sicile à l'âge de 17 ans dans les années 1940. Il apprend le métier de tailleur à Don Bosco, travaille dans de petits ateliers niçois, puis ouvre le sien rue Fodéré. Il rencontre Ginette Marmier, une Parisienne comptable, qu'il épouse. Ensemble, ils lancent un atelier à l'angle de la rue Bonaparte et de la place du Pin. « Mon grand-père a commencé au fond d'un couloir, avec une porte et une table », raconte Marine. Le magasin s'appelait alors Emile Morelli Tailleur. Les employés de mairie et les notables venaient s'y habiller sur mesure.
L'expansion et le drame de 1975
Les affaires prospèrent. Emile rachète le cinéma Le Central, ouvert en 1923, ainsi que la teinturerie mitoyenne. La boutique s'agrandit et devient un lieu de vie fréquenté. Emile, président du quartier, organisait même le carnaval local. En 1975, une explosion détruit l'immeuble et le magasin. « Le magasin tout neuf est détruit », se souvient Marine. Mais la famille reconstruit et reprend son activité.
L'arrivée de Marine et la marque Barbour
Marine rejoint l'entreprise familiale en 2006, puis part pour d'autres enseignes comme Zadig et Voltaire, Hugo Boss ou Alain Figaret. Elle revient en 2014 pour épauler sa mère Marylène. « Un jour, la marque anglaise Barbour a tapé à la porte. J'en suis tombée amoureuse. Avec ma mère, on l'a développée », explique-t-elle. Aujourd'hui, le nouveau local de 100 m² abrite l'atelier où Marine répare et réimperméabilise les vêtements avec son employé Nicolas.
Un déménagement pour un nouveau départ
Le déménagement rue Ségurane répond à une « envie de changement, de renouveau », selon Marine. La famille reste propriétaire des murs de l'ancien magasin et souhaite vendre le fonds. Marine poursuit l'aventure textile dans le respect de ses grands-parents, « qui étaient de gros travailleurs et avaient le cœur sur la main ».



