Glacier du Rhône : fonte accélérée après 12 jours de canicule
Glacier du Rhône : fonte accélérée après 12 jours de canicule

Le glacier du Rhône, l'un des plus emblématiques des Alpes suisses, subit une fonte accélérée en raison d'une canicule exceptionnelle. Selon les glaciologues, douze jours de températures extrêmes ont provoqué une perte de glace équivalente à ce qui était attendu pour un mois entier.

Un « massacre » glaciaire

Matthias Huss, glaciologue à l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), n'a pas mâché ses mots : « Ces douze jours de canicule sont un massacre pour le glacier du Rhône. » Il précise que le recul du glacier est visible à l'œil nu, avec des fissures et des crevasses qui s'élargissent chaque jour. Les mesures indiquent une perte d'épaisseur de plus de 10 centimètres par jour en moyenne, un rythme trois fois supérieur à la normale pour cette période de l'année.

Des chiffres alarmants

Les données recueillies par le réseau suisse de mesure des glaciers (GLAMOS) montrent que le glacier du Rhône a perdu 2,5 % de son volume total depuis le début de l'année 2026. En juillet seulement, la fonte a déjà atteint 1,2 % du volume annuel. À titre de comparaison, la perte annuelle moyenne sur les dix dernières années était de 1,8 %. Si la canicule se poursuit, les scientifiques estiment que la fonte pourrait atteindre 4 % du volume total en 2026.

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Les causes de l'accélération

Cette fonte accélérée est attribuée à une combinaison de facteurs : températures anormalement élevées (jusqu'à 35 °C à 2 000 mètres d'altitude), absence de neige fraîche et rayonnement solaire intense. « La neige qui protège habituellement la glace a fondu très tôt cette année, exposant la glace sombre qui absorbe plus de chaleur », explique Andreas Linsbauer, glaciologue à l'Université de Zurich. Il ajoute que le phénomène est amplifié par des poussières sahariennes qui recouvrent la glace, réduisant son albédo.

Conséquences pour la région

La fonte rapide du glacier du Rhône a des impacts immédiats sur l'hydrologie locale. Le débit du Rhône en aval a augmenté de 30 % par rapport à la moyenne saisonnière, ce qui pourrait entraîner des inondations. À long terme, la disparition du glacier menace l'approvisionnement en eau pour l'agriculture et la production hydroélectrique en été. Les autorités suisses ont déjà mis en place des mesures de surveillance renforcées.

Un signal d'alarme pour le climat

Les scientifiques voient dans cet événement un signal d'alarme pour le réchauffement climatique. « Ce qui se passe au glacier du Rhône est un microcosme de ce qui arrive à tous les glaciers alpins », déclare Matthias Huss. Selon les projections, si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, les glaciers suisses pourraient perdre 80 % de leur volume d'ici 2100.

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