L'Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée des Nations unies, a lancé une alerte ce lundi 3 juillet 2023 concernant les conséquences du phénomène climatique El Niño. Selon l'OMM, l'arrivée d'El Niño, combinée au réchauffement climatique d'origine humaine, va provoquer des vagues de chaleur, des sécheresses et des précipitations extrêmes dans de nombreuses régions du globe. L'organisation estime à 90 % la probabilité que l'épisode El Niño se poursuive au moins jusqu'à la fin de l'année 2023, avec une intensité modérée.
Un phénomène aux conséquences planétaires
El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par le réchauffement anormal des eaux de surface de l'océan Pacifique équatorial. Il se produit en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement de neuf à douze mois. Ses effets se font sentir à l'échelle mondiale, perturbant les régimes de précipitations et les températures. L'OMM souligne que cette année, El Niño intervient dans un contexte de changement climatique déjà marqué, ce qui pourrait amplifier ses impacts.
« Le début d'El Niño augmentera considérablement la probabilité de battre des records de température et de déclencher une chaleur plus extrême dans de nombreuses régions du monde et dans les océans », a déclaré le secrétaire général de l'OMM, le professeur Petteri Taalas, dans un communiqué. Il a ajouté que l'alerte précoce de l'OMM « permet aux gouvernements de se préparer pour limiter les impacts sur la santé, les écosystèmes et les économies ».
Des records de température attendus
L'OMM prévoit que les températures mondiales pourraient atteindre des niveaux record au cours des cinq prochaines années, en partie à cause d'El Niño. L'agence avait déjà indiqué en mai 2023 qu'il y avait 66 % de chances que la température moyenne annuelle mondiale dépasse temporairement de 1,5 °C les niveaux préindustriels entre 2023 et 2027. Ce seuil est celui fixé par l'accord de Paris sur le climat.
Les régions les plus exposées aux vagues de chaleur et à la sécheresse comprennent l'Asie du Sud-Est, l'Australie, l'Afrique australe et l'Amérique centrale. En revanche, la Corne de l'Afrique, qui souffre déjà de la sécheresse, pourrait connaître des pluies plus abondantes, augmentant le risque d'inondations. L'Amérique du Sud, notamment le Pérou et l'Équateur, pourrait également subir des précipitations extrêmes.
Un appel à la préparation
Face à ces prévisions, l'OMM appelle les gouvernements et les autorités sanitaires à se préparer. L'organisation insiste sur la nécessité de mettre en place des systèmes d'alerte précoce et des plans de gestion des risques climatiques. « Nous devons être prêts à faire face à des températures plus élevées, à des sécheresses plus longues et à des pluies plus intenses », a averti le professeur Taalas.
L'impact d'El Niño ne se limite pas aux températures et aux précipitations. Il peut également affecter les rendements agricoles, la disponibilité en eau, la santé publique (avec des maladies liées à la chaleur) et les écosystèmes marins. Par exemple, le blanchissement des coraux pourrait s'aggraver en raison du réchauffement des océans.
Un contexte de changement climatique
L'OMM rappelle que le changement climatique d'origine humaine exacerbe les effets naturels d'El Niño. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, ce qui rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Selon l'agence, chaque épisode El Niño apporte désormais des températures encore plus élevées que le précédent, en raison du réchauffement de fond.
En conclusion, l'alerte de l'OMM souligne l'urgence d'agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux impacts climatiques. Alors que le monde connaît déjà des phénomènes météorologiques extrêmes, l'arrivée d'El Niño risque d'aggraver une situation déjà préoccupante.



