El Niño : 80 % de chances pour 2026, l'OMM alerte sur les conséquences
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé ce mardi que la probabilité d'un épisode El Niño entre juin et août 2026 est de 80 %. Ce phénomène climatique, caractérisé par un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, a des répercussions mondiales. 20 Minutes vous explique de quoi il s'agit.
Qu'est-ce qu'El Niño ?
El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit lorsque les eaux de surface du Pacifique équatorial se réchauffent de manière anormale, entre l'Australie et les côtes d'Amérique du Sud. Il est déclenché par l'affaiblissement des alizés, ces vents tropicaux qui soufflent d'est en ouest. En temps normal, les alizés poussent les eaux chaudes vers l'ouest, vers l'Indonésie et l'Australie, laissant des eaux plus froides près de l'Amérique du Sud. Lorsque les alizés faiblissent, les eaux chaudes se déplacent vers l'est, provoquant un réchauffement des eaux de surface près des côtes sud-américaines. Ce changement modifie alors la météo et les vents à l'échelle planétaire.
Quelles sont les conséquences d'El Niño ?
El Niño survient tous les deux à sept ans et dure généralement de sept à douze mois. Il favorise les événements météorologiques extrêmes dans le monde. Selon Wilfran Moufouma Okia, chef des prévisions climatiques de l'OMM, interrogé par l'AFP : « Quand on a un phénomène El Niño, en Afrique de l'Ouest, au Sahel, en Afrique du Sud, en Australie et en Asie du Sud-Est, on s'attend à des sécheresses. Et a contrario, on a d'autres régions où on observe une abondance de précipitations, comme le sud-est des États-Unis et surtout la région du Pacifique équatorial. Donc différentes régions vont réagir différemment au phénomène. »
Le dernier épisode El Niño, en 2023 et 2024, a contribué à faire de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Les conséquences ne se limitent pas aux températures : les poissons, comme les anchois, fuient les eaux chaudes, affectant les pêcheries. En 2016, le phénomène a eu des impacts économiques sur les côtes sud-américaines, comme l'a rappelé Françoise Vimeux, climatologue à l'IRD, à 20 Minutes en 2023. Lors de l'épisode 2023-2024, une baisse des précipitations au Panama a perturbé le canal de Panama, avec des répercussions sur l'économie mondiale, a souligné Wilfran Moufouma Okia.
El Niño n'agit pas seul : il interagit avec d'autres phénomènes climatiques qui peuvent amplifier ou atténuer son intensité. Robert Vautard, coprésident du Giec, a précisé à TF1 que ce phénomène s'ajoute au changement climatique et peut entraîner des températures « supérieures à la moyenne d'environ 0,1 à 0,2 °C, ce qui va créer des événements extrêmes ».
À quoi s'attendre pour 2026 ?
L'OMM estime que les probabilités qu'un épisode El Niño se maintienne au moins jusqu'en novembre 2026 avoisinent ou dépassent les 90 %, et table sur un « épisode au moins modéré, voire fort ». Cependant, Wilfran Moufouma Okia a tenu à nuancer : « Mais il faut souligner que chaque phénomène El Niño est unique. On peut penser qu'un phénomène El Niño jugé de faible intensité n'aura pas de conséquences, mais c'est faux. Suivant les pays, suivant les contextes, on peut avoir des conséquences aussi dommageables que lorsqu'on a des événements forts. »
Selon Robert Vautard, la deuxième année d'un épisode El Niño est souvent plus chaude que la première, ce qui pourrait aggraver les effets. Les scientifiques appellent à la vigilance et à la préparation face à ce phénomène qui, combiné au changement climatique, risque d'intensifier les événements extrêmes à l'échelle mondiale.



