Dans une tribune publiée par Le Monde, le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret tirent la sonnette d'alarme : les crises écologiques et climatiques ne se contentent pas de menacer la biodiversité ou les équilibres planétaires ; elles portent atteinte aux conditions mêmes d'une existence digne pour l'humanité. Selon eux, la dégradation de l'environnement, la pollution, le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité compromettent les droits fondamentaux des individus, notamment le droit à la santé, à l'alimentation, à l'eau potable et à un habitat sûr.
Un constal alarmant
Les auteurs soulignent que les populations les plus vulnérables sont les premières touchées. Les conséquences des dérèglements climatiques – sécheresses, inondations, canicules – exacerbent les inégalités et plongent des millions de personnes dans la précarité. Morizot et Neyret rappellent que la notion de dignité humaine est au cœur des textes internationaux, comme la Déclaration universelle des droits de l'homme, mais que ces droits restent lettre morte sans un environnement sain.
Une responsabilité collective
Pour les deux intellectuels, il ne s'agit pas seulement d'une question écologique, mais d'un enjeu de justice sociale et de démocratie. Ils appellent à une mobilisation générale : citoyens, États et entreprises doivent agir de concert pour préserver les conditions d'une vie digne. Ils proposent notamment de renforcer le droit à un environnement sain, de reconnaître les « réfugiés climatiques » et de repenser notre modèle de développement.
Cette tribune intervient dans un contexte où les alertes scientifiques se multiplient, mais où les actions politiques peinent à suivre. Morizot et Neyret espèrent que leur appel contribuera à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes pour garantir un avenir digne à tous.



