Ce lundi 17 août 2026, la 17e Conférence des parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s'ouvre à Oulan-Bator, en Mongolie, sous le mot d'ordre « restaurer les terres, restaurer l'espoir ». Ce sommet, qui se tient jusqu'au 28 août, est jugé crucial pour la santé des sols et la sécurité alimentaire mondiale. Selon les Nations unies, 40 % des terres de la planète sont dégradées par l'érosion, la déforestation, l'artificialisation ou l'agriculture intensive, menaçant les ressources et la subsistance de 3,2 milliards de personnes. Le coût annuel de ces dégradations et des sécheresses atteint 300 milliards de dollars.
Un traité universel face à un péril mondial
Adoptée en 1994 dans le sillage du Sommet de la Terre de Rio de 1992, la CNULCD réunit 197 États ainsi que l'Union européenne. Longtemps qualifiée cyniquement de « COP des pauvres » parce qu'elle concernait à l'origine prioritairement les pays du Sud, l'instance fait aujourd'hui face à un péril universel. La désertification ne se résume pas à l'avancée du sable : c'est une perte durable et difficilement réversible des fonctions du sol.
La France n'y échappe plus. Déclarée « partie affectée » lors de la COP16 à Riyad en 2024, elle compte 1,4 % de son territoire métropolitain touché par l'aridification, principalement sur le littoral méditerranéen, et entre deux tiers et 75 % de ses sols détériorés.
Pastoralisme et bras de fer financier
Le choix d'Oulan-Bator pour accueillir le sommet est lourd de sens : 77 % du territoire mongol est dégradé. Le pays hôte met à l'honneur le pastoralisme, élevage extensif dont vivent 500 millions d'individus sur la planète. En cette année 2026, proclamée « année internationale des parcours et des pasteurs », la Mongolie entend lancer une coalition pour garantir les droits fonciers et transfrontaliers des nomades, rappelant que cette pratique fertilise les sols et prévient les incendies.
Les négociations s'annoncent toutefois tendues sur la sécheresse. Les pays du Sud réclament un protocole juridiquement contraignant sur la gestion de l'eau et des fonds dédiés, tandis que le Nord privilégie des dispositifs non contraignants et des alertes précoces. Côté budget, le gouffre est immense : atteindre l'objectif de restaurer 1 milliard d'hectares d'ici 2030 exigerait 2 600 milliards de dollars. Or, le Fonds pour l'environnement mondial n'a engrangé à ce jour que 3,9 milliards de dollars pour le cycle 2026-2030, contre 5,25 milliards sur le cycle précédent. La COP17 doit aussi poser les bases de l'après 2030 et discuter d'un élargissement du traité au-delà des zones arides, redouté par les pays développés pour son coût.
Une délégation tricolore orpheline de sa ministre
Sur l'échiquier géopolitique, cette COP17 apparaît comme l'un des ultimes havres multilatéraux : Washington, Pékin et Moscou y siègent conjointement, l'administration américaine conservant notamment la présidence du comité scientifique et technique. Côté français, l'exécutif a fait le choix du service minimum. Ancienne secrétaire exécutive de la CNULCD (2013-2019), la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a décliné le déplacement à Oulan-Bator. Fragilisée par des tensions gouvernementales et prise par la sécheresse qui touche la France, elle a justifié son absence dans « Libération », en expliquant que « ce n'était pas possible (pour elle) de s'absenter une semaine compte tenu des urgences de la rentrée ».
La délégation tricolore est ainsi emmenée par l'ambassadrice pour l'environnement Barbara Pompili, rejointe en seconde semaine par les députés Marc Fesneau (Modem) et Pierre Pribetich (PS). Cette conférence ouvre une séquence environnementale dense : elle sera suivie de la COP17 biodiversité en Arménie en octobre, de la COP31 climat en Turquie en novembre et du sommet de l'ONU sur l'eau en décembre.



