Le réchauffement climatique n'a pas que des conséquences environnementales. Une étude publiée dans la revue The Lancet Planetary Health révèle que la hausse des températures est corrélée à une augmentation des violences envers les femmes. Selon les chercheurs, chaque degré Celsius supplémentaire entraîne une hausse significative des violences conjugales et sexistes dans plusieurs régions du monde.
Des données probantes sur plusieurs continents
L'étude a analysé les données de 156 pays entre 1993 et 2019. Les résultats montrent que pour chaque augmentation d'un degré de la température moyenne annuelle, les violences domestiques contre les femmes augmentent de 6,3 % en moyenne. Les régions les plus touchées sont l'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud et l'Amérique latine.
« Les chocs climatiques, comme les sécheresses ou les canicules, exacerbent les tensions au sein des foyers et augmentent les risques de violences », explique la Dr. Renée Landers, co-auteure de l'étude. Les femmes sont particulièrement vulnérables dans les contextes de stress économique et social liés au changement climatique.
Mécanismes sous-jacents
Plusieurs facteurs expliquent ce lien. La chaleur extrême peut accroître l'irritabilité et l'agressivité, mais aussi réduire les ressources économiques, notamment dans les zones agricoles. Les déplacements forcés dus aux catastrophes climatiques augmentent également les risques de violences.
« Il ne s'agit pas seulement d'un effet direct de la température sur le comportement, mais aussi de l'impact des stress environnementaux sur les structures sociales et économiques », précise le Dr. Michael Green, co-chercheur. Les femmes sont souvent les premières victimes des inégalités renforcées par le changement climatique.
L'étude souligne que les politiques climatiques doivent intégrer une dimension de genre pour protéger les femmes. « Ignorer cet aspect risque d'aggraver les violences », avertit Renée Landers.
Des conséquences alarmantes
Si les températures continuent d'augmenter, les violences pourraient s'intensifier. Selon les projections, une hausse de 2 °C d'ici 2050 pourrait entraîner une augmentation de plus de 12 % des violences domestiques dans les régions les plus exposées. Les auteurs appellent à des mesures d'adaptation spécifiques, comme des refuges climatisés et des programmes de soutien psychologique.
« Le changement climatique n'est pas neutre en termes de genre. Il amplifie les inégalités existantes », conclut l'étude. Les gouvernements sont invités à prendre en compte ces données dans leurs politiques de lutte contre les violences faites aux femmes.



