Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur, une étude publiée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) met en lumière des enjeux cruciaux souvent négligés dans la gestion des canicules : la qualité des logements, les inégalités sociales et la tension hospitalière. Selon cette étude, ces facteurs jouent un rôle déterminant dans la mortalité liée à la chaleur, mais ils restent largement absents des politiques publiques de prévention.
Une surmortalité directement liée à l'habitat
L'étude, menée sur les données de l'été 2026, révèle que la canicule a entraîné une surmortalité de 12 % dans les zones où les logements sont les plus mal isolés. Les habitants des immeubles anciens, souvent situés dans les centres-villes, sont particulièrement exposés. « Les logements mal isolés agissent comme des fours, et les personnes qui y vivent n'ont pas les moyens de s'en protéger », explique le Dr Sophie Martin, co-auteure de l'étude.
Les chercheurs ont constaté que dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, la mortalité liée à la chaleur est trois fois plus élevée que dans les quartiers aisés. Ce constat souligne l'importance des inégalités sociales dans l'impact sanitaire des épisodes de chaleur. « Les populations les plus modestes sont à la fois plus exposées et plus vulnérables, car elles cumulent souvent des facteurs de risque comme l'âge, les maladies chroniques et l'isolement », ajoute le Dr Martin.
Des hôpitaux en tension, un système fragile
L'étude pointe également la tension croissante des services d'urgences pendant les vagues de chaleur. Les admissions hospitalières pour coup de chaleur ont augmenté de 40 % par rapport à la moyenne estivale, saturant les services d'urgence. « Les hôpitaux sont déjà fragilisés par les fermetures de lits et le manque de personnel, et la canicule exacerbe cette situation », souligne le rapport.
Les auteurs de l'étude recommandent de renforcer les capacités hospitalières en période de canicule, notamment en ouvrant des lits supplémentaires et en mobilisant du personnel en renfort. Ils appellent également à une meilleure coordination entre les services de santé, les collectivités locales et les associations pour anticiper les besoins.
Des recommandations pour une meilleure prévention
Face à ces constats, les chercheurs formulent plusieurs recommandations. Ils préconisent tout d'abord d'accélérer la rénovation thermique des logements, en particulier dans les zones les plus exposées. Ils suggèrent également de créer des « îlots de fraîcheur » dans les quartiers défavorisés, comme des parcs ou des fontaines, et de développer des systèmes d'alerte ciblés vers les populations vulnérables.
L'étude insiste aussi sur la nécessité de former les professionnels de santé à la prise en charge des pathologies liées à la chaleur, et de renforcer les moyens des services d'aide à domicile pour accompagner les personnes âgées. Enfin, elle appelle à une meilleure prise en compte de ces enjeux dans les plans nationaux de gestion des vagues de chaleur.
Ces recommandations interviennent alors que Météo-France prévoit des épisodes de canicule de plus en plus fréquents et intenses dans les prochaines années. Selon les projections, le nombre de jours de canicule pourrait doubler d'ici 2050. Une perspective qui rend d'autant plus urgente la mise en œuvre de mesures concrètes pour protéger les populations les plus vulnérables.



