La vague de chaleur exceptionnelle qui a frappé la France cette semaine, avec des températures record pour un mois de mai, devrait s'achever durant le week-end des samedi 30 et dimanche 31 mai. Cependant, cette canicule précoce soulève de nombreuses interrogations sur la préparation du pays aux futures hausses du thermomètre, à trois semaines du début de l'été.
Paris et la petite couronne toujours en vigilance orange
La vigilance orange canicule ne concerne plus que Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, où des températures allant jusqu'à 35 °C sont attendues. Selon Météo France, l'arrivée d'une masse d'air moins chaude accompagnée d'un vent modéré dans la nuit de samedi à dimanche permettra un retour à la vigilance jaune.
L'ouest du pays est déjà repassé en vigilance jaune, un niveau qui concerne 24 départements samedi matin, confirmant la baisse des températures anticipée par les prévisionnistes. La carte nationale devrait retrouver sa couleur verte dimanche après 6 heures.
Nemo Pawlowski, prévisionniste à Météo France, a expliqué que les plus fortes chaleurs se décalent vers l'est, tandis que des températures plus fraîches arrivent depuis l'océan Atlantique. Il anticipe un rafraîchissement à l'échelle nationale pour dimanche.
Sous l'effet d'un dôme de chaleur bloquant l'air chaud venu d'Afrique du Nord, l'Europe de l'Ouest a subi une vague de chaleur inédite pour un mois de mai. Jeudi, le record de chaleur pour ce mois a été battu avec 37,8 °C en Charente.
Orages attendus dans une quarantaine de départements
Après ces fortes chaleurs, les orages vont s'installer sur une partie du pays. Une quarantaine de départements seront en vigilance jaune aux orages samedi, principalement dans le nord, dont l'Île-de-France, et une partie du sud-est. La veille, 24 départements étaient déjà placés en vigilance jaune.
La préparation aux canicules en question
Comme lors de chaque épisode de chaleur, la question de l'impréparation de la France au réchauffement climatique a été soulevée. Des membres de l'opposition, des ONG et des scientifiques ont pointé les failles françaises, d'autant que Matthieu Sorel, climatologue à Météo France, a jugé fort probable que la France connaisse de nouvelles vagues de chaleur cet été.
La France a présenté en mars 2025 son plan national d'adaptation au changement climatique, comprenant une cinquantaine de mesures, dont un fonds d'indemnisation pour les catastrophes, la protection des travailleurs en cas de fortes chaleurs, et des travaux sur les transports et l'agriculture. Le gouvernement a annoncé en février avoir mis en œuvre 80 % des mesures.
Vincent Viguié, économiste spécialisé dans le climat au CIRED, estime que le plan n'est pas encore à la hauteur des enjeux, avec peu de mesures budgétées. Le gouvernement a défendu son action, le Premier ministre Sébastien Lecornu rappelant que l'État ne peut pas tout gérer, et que le bâti scolaire relève des collectivités. Le ministre délégué Mathieu Lefèvre a souligné la nécessité de poursuivre l'adaptation au-delà des situations d'urgence.
Écoles fermées et trains à l'arrêt
Les conséquences de cette vague de chaleur sont encore difficiles à évaluer, notamment sur l'agriculture et les pertes économiques. Mais des difficultés d'adaptation sont déjà apparues : la SNCF a annulé des trains entre Paris et le Sud-Ouest, ainsi qu'entre Bordeaux et Marseille, par crainte de pannes de climatisation. À Bordeaux, six lignes de tramway ont été mises à l'arrêt vendredi matin en raison d'une coupure de courant. Des écoles et des crèches ont également fermé, notamment à Paris et dans les Landes, en raison des températures élevées dans les classes.



