Canicule 2026 : 52 jours de vagues de chaleur, un record absolu en France
Canicule 2026 : 52 jours de vagues de chaleur, un record

Depuis le 17 juin 2026, la France métropolitaine a cumulé 52 jours de vagues de chaleur, selon les données de Météo-France consultées par Le Nouvel Obs. Ce chiffre, arrêté au 18 août au soir, constitue un record absolu depuis le début des relevés en 1947. Le précédent record, établi en 2022, était de 33 jours. En 2003, deux vagues de chaleur avaient totalisé 22 jours. Le compteur n'est pas encore arrêté.

Trois vagues de chaleur en deux mois

L'année 2026 se distingue par l'enchaînement des épisodes. La première vague de chaleur a duré 14 jours, du 17 au 30 juin, après une période caniculaire précoce en mai. Une deuxième a suivi seulement trois jours plus tard, du 4 au 19 juillet, soit 16 jours supplémentaires. Après huit jours d'accalmie, la troisième a commencé le 28 juillet. Au 18 août, ces trois épisodes totalisent 52 jours.

La troisième vague, toujours en cours mardi 18 août, a atteint 22 jours avec un indicateur thermique national (ITN) définitif de 24,5 °C ce jour-là, a précisé Météo-France au Nouvel Obs. Elle devient ainsi provisoirement la deuxième plus longue vague de chaleur jamais observée en France, derrière les 23 jours enregistrés du 9 au 31 juillet 1983.

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Intensité et sévérité des épisodes

Ce n'est pas seulement leur durée qui rend cet été remarquable. La vague de juin a été particulièrement intense avec un ITN ayant atteint 30,018 °C, contre 28,052 °C pour celle du 4 au 9 juillet. Les 24 et 25 juin ont ainsi été les journées les plus chaudes jamais mesurées en moyenne à l'échelle de la France métropolitaine, devant le précédent record de 2003.

La comparaison avec 2003 permet toutefois de distinguer plusieurs dimensions. La vague du 2 au 17 août 2003 reste la plus sévère, avec un indice de sévérité de 59,374. Elle demeure aussi l'une des plus intenses, avec un ITN maximal de 29,352 °C. La vague de juin 2026 a atteint une température nationale plus élevée, mais une sévérité inférieure, de 50,974.

Plus de la moitié des vagues depuis 2010

L'accumulation observée cette année s'inscrit dans une accélération beaucoup plus ancienne. Avec l'épisode actuellement en cours, Météo-France recense 54 vagues de chaleur depuis 1947 : 25 se sont produites entre 1947 et 2010 et 29 depuis 2011. Autrement dit, davantage de vagues de chaleur ont été observées au cours des quinze dernières années que pendant les six décennies précédentes.

La chronologie fournie par Météo-France montre aussi combien les épisodes multiples se sont banalisés. Depuis 2015, plusieurs années ont connu au moins deux vagues de chaleur : 2015, 2016, 2017, 2019, 2020, 2022, 2024, 2025 et donc 2026. En 2022, trois épisodes avaient déjà totalisé 33 jours : cinq en juin, quatorze en juillet et quatorze en août.

Les épisodes ne deviennent pas seulement plus fréquents, leur saison s'étend. Météo-France observe des vagues de chaleur de plus en plus précoces, pouvant désormais commencer dès la mi-juin à l'échelle nationale, comme en 2022 et 2026, mais aussi plus tardives. Depuis 2001, certaines surviennent après le 15 août.

Jusqu'à dix fois plus de jours de vague de chaleur

La multiplication de ces épisodes est appelée à se poursuivre avec le changement climatique. D'après ses projections, Météo-France estime que la France métropolitaine doit se préparer à un réchauffement moyen lié aux activités humaines de +2,7 °C vers 2050 et +4 °C en 2100, par rapport à la période préindustrielle. Les vagues de chaleur deviendraient alors à la fois plus nombreuses, plus longues, plus intenses et plus sévères.

Dans une France à +2,7 °C, elles pourraient commencer dès le début du mois de juin et certaines se prolonger jusqu'à la mi-septembre. Avec +4 °C, la saison pourrait s'étendre de la mi-mai à la fin septembre, avec des épisodes susceptibles de durer jusqu'à deux mois en continu. Au cœur de l'été, la probabilité d'être en vague de chaleur passerait ainsi de 10 % sur la période de référence 1976-2005 à 45 % dans une France à +2,7 °C, et 70 % dans une France à +4 °C. Le nombre de jours concernés serait, lui, multiplié respectivement par cinq et par dix. Dans un tel climat prévient Météo-France, la vague de chaleur historique d'août 2003 finirait par devenir banale.

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