Var : 2 250 hectares brûlés, 500 évacués, la lutte continue
Var : 2 250 ha brûlés, 500 évacués, lutte continue

Plus de 2 250 hectares ont été parcourus par un incendie dans le Var, déclenché mardi 21 juillet 2026 en milieu de journée depuis un champ à Pontevès. Le feu a rapidement gagné le Gros Bessillon, une moyenne montagne du centre Var, menaçant plusieurs villages dont Cotignac, Correns et Montfort-sur-Argens. Mercredi 22 juillet, le préfet du Var Simon Babre a déclaré lors d'un point presse : « Le feu ne progresse pas dans son périmètre, mais il est toujours menaçant dans ses points chauds », précisant toutefois que « on ne peut pas dire qu'il est fixé ».

1 200 pompiers mobilisés et des renforts

Quelque 1 200 pompiers sont déployés sur le terrain, appuyés par des renforts venus d'une dizaine de départements. La lutte se poursuit « de façon acharnée », selon le préfet, qui évoque « plusieurs foyers toujours actifs ». En appui aérien, deux Canadairs, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux avions Dash larguent de l'eau et appliquent du retardant. L'objectif est de « multiplier les actions pour que les brasiers soient réduits en intensité » avant une reprise du mistral prévue mercredi après-midi, avec un vent encore plus soutenu attendu jeudi.

500 personnes évacuées, maisons détruites

Environ 500 personnes ont dû être évacuées, selon les services de la préfecture. Une cinquantaine d'habitations ont été impactées par le feu et dix maisons détruites, d'après un recensement préliminaire cité par Simon Babre. Aucune victime n'est à déplorer, hormis quatre intoxications à la fumée, dont deux pompiers. Mercredi matin, 340 foyers à Cotignac et 48 à Pontevès étaient privés d'électricité, contre 2 600 pendant la nuit.

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Marie-Claude Balestrieri, mobilisée à Pontevès pour préparer des repas aux pompiers, a confié à l'AFP : « On est tous un peu meurtris. Avec les grosses chaleurs, tout est sec, toutes les collines sont sèches. Donc la moindre étincelle, ça prend le feu. » Installée sur les hauteurs du village, cette retraitée de 65 ans avait déjà vécu un incendie dévastateur à l'été 2025. Elodie Cabanon, coiffeuse à Cotignac, a quitté le village mardi soir avec ses filles de 2 et 4 ans pour se réfugier chez une amie à Aups, à une quinzaine de kilomètres. « J'ai vu l'ampleur du feu, je suis vite revenue chercher mon chien et mon sac à main », a-t-elle raconté à l'AFP, précisant avoir décidé de partir en voyant l'évacuation de religieuses et de scouts des environs.

Plus de 40 000 hectares brûlés depuis janvier

Un autre feu virulent avait brûlé 200 hectares dans le Var et détruit des habitations dimanche et lundi près des Arcs-sur-Argens. Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse favorisées par le dérèglement climatique, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d'ordinaire. Depuis début 2026, près de 40 000 hectares ont été brûlés, soit « beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière », selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Deux sapeurs-pompiers sont morts mardi lors d'une intervention contre un incendie près de l'aéroport de Bordeaux : leur camion-citerne a été pris au piège d'un feu de pins « très virulent ». Dans le Var, pour éviter la dispersion des efforts et préserver les forces des pompiers, le préfet demande aux maires de reporter toutes festivités ou feux d'artifice en lisière des massifs, et appelle les habitants à « renoncer aux barbecues » jeudi. « Il ne faut pas, jeudi, que les sapeurs-pompiers soient accaparés par des feux sur des balcons, dans des jardins, dans des cours », a-t-il insisté.

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