Alors que la saison des feux de forêt débute dans l'Hérault, le contrôleur général Eric Florès, patron du Sdis 34, dresse un état des lieux pour l'été 2026. Il met en garde contre les difficultés à venir, notamment dans les Hauts Cantons où les massifs sont jonchés d'arbres morts, un véritable risque d'incendie.
Une saison qui commence tôt
Interrogé sur le début de la saison, Eric Florès explique que la période de pluie hivernale a été suivie de fortes chaleurs, avec des températures approchant les 40 °C il y a dix jours. « On sait qu’on est rentré dans le vif du sujet », déclare-t-il. Il précise que la végétation basse a déjà jauni, mais que les arbres ne sont pas encore totalement desséchés, ce qui explique des vitesses de propagation modérées pour l'instant.
De nombreux départs de feu ont eu lieu cette semaine, souvent liés à des brûlages de végétation. Florès rappelle que l'utilisation du feu est interdite depuis le 1er juin dans tout le département. Cette interdiction n'est pas plus précoce que les années précédentes, mais la combinaison d'un hiver pluvieux et d'une période de chaleur intense a accéléré le processus, un phénomène déjà observé l'an dernier avec un mois de mai pluvieux suivi de fortes chaleurs fin juin.
Un cocktail dangereux
Le patron des pompiers s'attend à une saison dangereuse, marquée par la chaleur et le vent. Il souligne l'impact de la tempête Nils, qui a laissé de nombreux arbres au sol. « Autant les troncs ne vont pas se dessécher, mais la partie feuillage, c’est du combustible », explique-t-il. « Avec ces arbres tombés, on risque d’avoir de vraies difficultés », ajoute-t-il, évoquant des zones comme les Hauts Cantons qui n'étaient pas auparavant concernées par ce type de risque.
Ce surplus de carburant sec constitue un véritable cocktail dangereux. Pour atténuer le risque, Florès insiste sur la vigilance et la pédagogie, car le feu est majoritairement lié à l'activité humaine. « Avec tous ces arbres tombés, cela devient des allumettes », prévient-il. Il appelle à une vigilance accrue sur l'ensemble des massifs du département, avec un dispositif adapté : fermeture des massifs en cas de risque et analyse quotidienne des risques à 18 h pour le lendemain.
Moyens et organisation
Interrogé sur la possibilité d'un feu hors normes comme celui de l'Aude en 2025, Florès reconnaît que le risque existe. « On est bien équipé lorsqu’il y a un ou deux feux. Quand il y a une succession de cinq à six feux dans le même environnement, mécaniquement, on viendra plus lentement sur le septième », explique-t-il. La clé est d'éteindre les feux avant qu'ils n'atteignent cinq hectares, sinon ils peuvent tous devenir des méga feux.
Les moyens seront redéployés en fonction de l'analyse quotidienne des risques. Les avions seront disponibles à partir du 14 juillet, mais pourront être activés plus tôt si nécessaire. L'an dernier, ils l'étaient dès le 5 juillet. Le Sdis va monter en puissance avec des volontaires, notamment dans les zones rurales, et disposera de véhicules lourds supplémentaires. Au total, 450 personnes pourront être déployées dans les forêts, sur un effectif total de près de 900 sapeurs-pompiers dans le département.
Projets de casernes
Concernant les infrastructures, la troisième caserne de Montpellier vient d'être inaugurée. Quant à la quatrième, à Baillarguet sur la commune de Montferrier-sur-Lez, le projet n'est pas abandonné mais mis en suspens. La priorité actuelle est la construction d'une nouvelle caserne à Castries, où les locaux sont vétustes et inadaptés à l'augmentation de l'activité opérationnelle. « Le nerf de la guerre, ce sont les finances », rappelle Florès.
Une dernière saison
Eric Florès quittera le Sdis à l'issue de cette saison. Il aborde cette dernière avec la même appréhension et attention que la première. « Il n’y a pas de première ou dernière saison, c’est toujours la même attention », conclut-il.



